Sans doute une mère renne, avance un chercheur de Concordia
Montréal, le 18 décembre 2012 – Si c’est une fée qui, dans la traditionnelle chanson des Fêtes, vient consoler le petit Rudolphe, dans la nature, ce sont les mères rennes qui veillent sur le troupeau et prennent soin des orphelins.
Pour Robert Weladji, professeur de biologie à l’Université Concordia, les rennes représentent beaucoup plus qu’une mascotte de Noël. Ils constituent en effet le sujet de ses recherches depuis près d’une décennie. Dans un article collectif paru récemment dans la revue European Journal of Wildlife Research, il examine le sort des jeunes rennes orphelins dans la nature et montre que l’abattage de femelles nouvellement mères peut avoir des conséquences néfastes pour le troupeau.
La viande et la peau du renne étant très prisées par l’homme, de plus en plus de faons se retrouvent sans mère. « La chasse fait beaucoup d’orphelins à l’automne, explique le professeur Weladji. Or, peu d’études se sont penchées sur le sort des faons orphelins. »
Avec l’aide de collègues de Norvège et de Finlande, Robert Weladji a examiné de près deux troupeaux de rennes composés de femelles avec et sans faons à leurs pieds, ainsi qu’avec des faons orphelins. Les chercheurs ont comparé les taux de survie et les distances entre les mères et les faons de même qu’entre les femelles adultes et les orphelins des troupeaux.
Ils ont constaté que toutes les femelles survivaient à l’hiver et n’ont observé chez celles-ci aucune perte de poids après le sevrage de leurs petits. Quant aux faons, leurs taux de mortalité hivernaux étaient négligeables et sensiblement les mêmes pour les orphelins et les non-orphelins.
De prime abord, ces résultats semblent indiquer que la prise de femelles adultes n’a pas d’incidence négative sur le troupeau. Toutefois, le professeur Weladji et ses collègues ont également noté que les faons non orphelins perdaient moins de masse et demeuraient à une moins grande distance de leur mère que celle à laquelle se tenaient les orphelins par rapport aux femelles adultes. Ainsi, les faons non orphelins étaient mieux protégés contre la prédation et les intempéries de l’hiver.
« Selon toute vraisemblance, lorsque l’hiver est très rigoureux, le taux de mortalité est plus élevé chez les rennes orphelins, explique Robert Weladji. Si la perte de masse est moins importante chez les non-orphelins, c’est probablement parce que les mères partagent et défendent leurs ressources alimentaires et protègent leurs petits du harcèlement des autres membres du troupeau durant leur premier hiver. » Ce lien entre mère et rejetons offre peut-être aussi d’autres avantages, dont la protection maternelle contre les autres rennes et les prédateurs, ainsi que le transfert de connaissances de la mère aux faons, par exemple l’apprentissage de la répartition des habitats et des ressources clés, de même que des endroits où trouver refuge.
Par conséquent, la pratique de la chasse sur des troupeaux dont les femelles ont des faons à leurs pieds pourrait avoir des effets démographiques imprévus. Pour assurer la diversité continue des troupeaux de rennes (et un moyen de transport au père Noël!), les chasseurs doivent donc choisir leurs proies avec le plus grand soin. Et cette conclusion ne s’applique pas seulement aux rennes, dont l’aire de distribution se trouve principalement en Norvège et en Finlande, mais également aux caribous qui parcourent la toundra canadienne, ainsi qu’aux autres ongulés des régions septentrionales et tempérées, comme les cerfs et les élans.
Liens connexes
- Département de biologie de l’Université Concordia http://biology.concordia.ca/
- Profile de recherche de Robert Weladji http://www.concordia.ca/explore/#!/profile/76/
- Site de Robert Weladji http://clone.concordia.ca/rweladji/index.html
- European Journal of Wildlife Research http://www.springer.com/life+sciences/animal+sciences/journal/10344
Source :
Nadia Kherif
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