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Et si la planification de la production passait par sa personnalisation?

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Affectation des ressources humaines : un chercheur de Concordia se penche sur l’importance de la personnalité du travailleur 

Montréal, le 26 novembre 2012 – Qu’adviendrait-il si, dans une usine, un contremaître traitait ses subordonnés non pas comme les machines qu’ils font fonctionner, mais plutôt comme des personnes dotées de qualités et de particularités? Nul doute, les travailleurs en bénéficieraient… Qu’en serait-il toutefois de l’employeur? Constaterait-il des résultats positifs en milieu de travail? Une réduction des coûts? 
 
Mohammed Othman
<< Mohammed Othman est chercheur au département de génie industriel à Concordia
 
Mohammed Othman, chercheur à Concordia qui a complété son doctorat sous la supervision des professeurs Nadia Bhuiyan et Gerard Gouw, croit qu’il convient d’intégrer les particularités des travailleurs dans la planification des effectifs. C’est du reste ce qu’il a entrepris de prouver dans son article « Integrating workers’ differences into workforce planning », qui a paru récemment dans la revue Computers & Industrial Engineering
 
Selon le chercheur, deux types de chercheurs étudient actuellement la main-d’œuvre productive : d’une part, ses confrères et consœurs ingénieurs industriels qui s’efforcent d’agencer machines et travailleurs dans une optique d’efficience maximale; d’autre part, les psychologues industriels qui conçoivent des tests de personnalité. En effet, outre la personnalité du sujet, de telles analyses peuvent révéler d’autres renseignements – notamment le degré et les déclencheurs de motivation, la capacité de travail et l’aptitude à apprendre. Cependant, les résultats à un test de personnalité ne sont généralement interprétés que du point de vue de la réussite ou de l’échec, de l’embauche ou du rejet du candidat. Ainsi pense Othman, qui ajoute : « Nous pourrions utiliser ces précieuses données à de nombreuses fins comme la formation, la motivation ou la fixation des salaires, mais nous ne le faisons pas. » 
 
Dans une perspective transdisciplinaire, le modèle conçu par le chercheur met à profit les données de nature psychologique afin d’optimiser la planification de la main-d’œuvre, et plus précisément le recrutement, le licenciement, l’ordonnancement et la formation. « Habituellement, le gestionnaire procède mentalement à la planification de la main-d’œuvre, sur la base de sa connaissance des travailleurs et de leurs aptitudes », explique Othman, qui souligne aussi que ces valeurs estimatives sont rarement consignées. 
 
À dire vrai, bon nombre de gestionnaires et de contremaîtres évitent systématiquement de considérer la personnalité d’un travailleur au moment de lui assigner une tâche. En effet, ils craignent d’être taxés de discrimination ou de s’exposer à un grief syndical. « Ils ne veulent pas en faire une affaire personnelle », affirme le chercheur, qui signale par ailleurs que les méthodes de comparaison ne sont pas destinées à diminuer le travailleur ou à lui causer du tort : « Vous essayez en fait de l’aider en lui confiant une fonction qui lui convient. Parallèlement, vous cherchez à le former et à améliorer ses compétences, quel qu’en soit le niveau. »
 
Pour les besoins de son article, Othman a appliqué un modèle mathématique complexe afin de déterminer le coût d’exploitation d’un atelier du secteur manufacturier sur une période de production de huit semaines. Il a d’abord analysé un groupe de travailleurs jugés « embauchables » qu’on avait affectés à des tâches sans prendre en considération leur formation, leurs compétences, leur capacité de travail, leur personnalité ou leur degré de motivation. À l’aide de son modèle, le chercheur a fait intervenir ces facteurs avant le début de la période de production. Puis, dans le but de minimiser les coûts liés à l’embauche, au licenciement, à la formation et aux heures supplémentaires, il a redéployé les travailleurs de façon plus appropriée. 
 
Résultat : le modèle a permis une économie d’échelle de 7,1 %. Dans une conjoncture économique marquée par la concurrence et la mondialisation, un pourcentage aussi important pourrait se concrétiser par le maintien d’un nombre accru d’emplois au Canada. 
 
Il assure que son modèle pourrait aussi s’appliquer au secteur des services. Dans la foulée, il ajoute : « Un autre chercheur pourrait étudier la possibilité d’y intégrer la capacité cognitive, élément indubitablement important de la différenciation des êtres humains. » Indubitablement, c’est aussi le facteur qui distingue le plus l’homme de la machine. 
 
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Cléa Desjardins
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