Une collaboration de recherche franco-concordienne fait appel aux émotions pour guérir le monde
Montréal, le 19 octobre, 2012 – On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré, disait Einstein. Certes fort sage, cette leçon reste bien souvent lettre morte lorsqu’il s’agit de trouver des solutions durables pour notre planète à la santé fragile. En effet, malgré les décennies de recherche scientifique consacrées à des sujets aussi divers que la pollution atmosphérique et l’extinction des espèces, les humains tardent à agir parce que rien n’est encore venu déclencher leurs passions.

Paul Shrivastava directeur du Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises | Photo par l'Université Concordia
Pour Paul Shrivastava, directeur du Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises à l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, c’est en mariant la science et les arts que l’on suscitera un engouement réel pour le développement durable. « Aucune entreprise humaine d’envergure n’a été réalisée sans passion, affirme-t-il. La science et la technologie ne suffisent pas. Nous devons nous tourner vers les arts pour insuffler le feu sacré dans notre quête de durabilité et obtenir de vrais résultats qui sauront guérir la planète. »
Dans un article à paraître sous peu dans la revue International Journal of Technology Management et qu’il cosigne avec des collègues de l’Université de Lorraine et de l’ICN Business School de Nancy, en France, Paul Shrivastava soutient que l’art est un instinct de survie. « C’est par les récits, les histoires, la musique et les images que nos premiers ancêtres mettaient en garde leurs pairs contre les prédateurs et les catastrophes naturelles. L’art les aidait à acquérir des mécanismes de défense. Mes collègues et moi estimons que l’art devrait servir d’arme contre les menaces actuelles à la survie, comme les changements climatiques et les crises environnementales. »
Il s’agit d’une idée dont le milieu des affaires aurait intérêt à s’inspirer. En effet, les organisations durables ont besoin des arts pour stimuler la créativité et le sens de l’innovation de leurs employés, attirer des travailleurs imaginatifs, améliorer la satisfaction de leur personnel, ainsi que concevoir des produits et des services novateurs et respectueux de l’environnement. Les arts contribuent à la durabilité des entreprises par l’architecture, la valeur esthétique des lieux de travail, la conception des produits et des services, les arts graphiques en publicité, et les méthodes de formation fondées sur les arts.
Ici, à Montréal, cette attitude gagne peu à peu du terrain. En effet, selon l’auteur à succès Richard Florida, la métropole québécoise est en mesure non seulement de survivre à la tempête économique, mais aussi de s’épanouir à long terme grâce à ses puissantes ressources créatrices. « Près d’un cinquième des travailleurs de la région forment une mouvance hypercréatrice, écrit M. Florida. Montréal possède donc des capacités économiques et sociales sous-jacentes qui, si elles sont bien exploitées, lui permettront de servir de modèle pour d’autres régions du Canada. »
Paul Shrivastava espère une propagation rapide de ce modèle. « Nous nous sommes fiés à la science et à la technologie pendant des décennies, mais la planète demeure un spectacle de dévastation. Or, l’art nous offre des perspectives inédites et de nouvelles façons d’interpréter le monde. À Montréal comme ailleurs, c’est l’art qui nous convaincra d’abandonner nos anciennes habitudes en faveur d’un comportement susceptible de transformer la planète. »
Partenaires de recherche : En collaboration avec des collègues de l’ICN Business School et du programme Artem en France, et du Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises de l’Université Concordia, Paul Shrivastava explore l’utilisation des arts aux fins de l’étude de la durabilité des entreprises dans le cadre d’une chaire internationale de recherche. Les autres chercheurs de Concordia sont Ricardo Dal Farra (Département de musique), Cheryl Gladu (doctorante en études individualisées), Andrew Ross et Andrea Kim (École de gestion John-Molson). Ce projet de recherche examine les relations dynamiques entre l’art, l’esthétique et le développement durable des organisations.
Liens connexes
- École de gestion John-Molson (en anglais)
- Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises (en anglais)
- Chaire internationale de recherche sur l’art et la durabilité des entreprises (en anglais)
- Profil de recherche de Paul Shrivastava à Concordia (en anglais)
- Propos de Richard Florida sur Montréal (en anglais)
Source :
Cléa Desjardins
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