Une étude panquébécoise révèle des écarts entre les perceptions des étudiants et des professeurs quant à la salle de classe numérique
Montréal, le 5 octobre 2012 – Du courriel à Twitter, en passant par les blogues et les logiciels de traitement de texte, les programmes informatiques donnent accès à une multitude de modes de communication. Alors que les applications sociales ont été les moteurs du développement du Web participatif pour les usagers comme pour les programmeurs, l’ère du Web 2.0 s’étend bien au-delà du réseautage et peut, en fait, avoir des répercussions sur l’éducation.

L’intégration d’outils technologiques d’information et de communication (TIC) de plus en plus sophistiqués se propage rapidement dans les universités. Aussi, il est indispensable de comprendre comment les apprenants et les enseignants perçoivent l’efficacité de ces outils en classe pour déterminer la réussite ou l’échec de leur intégration dans le contexte de l’enseignement supérieur. Or, une nouvelle étude menée par l’Université Concordia montre qu’en matière de pédagogie, les étudiants préfèrent un cours magistral captivant à un gazouillis ciblé.
En effet, douze universités québécoises ont récemment participé à la première étude d’envergure provinciale portant sur les perceptions à l’égard de l’intégration des TIC et de leur incidence sur l’efficacité des cours d’enseignement supérieur. Cette recherche a été la première à évaluer, à l’échelle de la province, la façon dont les professeurs font le saut du cours magistral à LinkedIn – et dans quelle mesure les étudiants sont prêts pour une telle transformation du modèle d’enseignement traditionnel.
L’étude a été dirigée par Vivek Venkatesh de l’Université Concordia. À titre de doyen associé aux programmes et au développement à l’École des études supérieures, le Pr Venkatesh s’intéresse tout particulièrement à l’évolution de l’éducation dans les établissements postsecondaires. Pour mener sa recherche, il s’est associé à Magda Fusaro, du Département de management et de technologie de l’UQAM. Ensemble, ils ont mis en œuvre un projet pilote à l’UQAM qu’ils ont ensuite introduit dans les universités de la province.
« Le projet a démarré en flèche et a reçu un accueil extrêmement positif : en tout, 15 020 étudiants et 2 640 enseignants ont répondu à nos questionnaires électroniques en février et en mars 2011 », rapporte le Pr Venkatesh. Les 120 questions du sondage visaient à mesurer les préférences relatives à la structure des cours, les perceptions quant à l’efficacité de méthodes d’enseignement et le niveau de connaissances technologiques des étudiants et des enseignants.
Contre toute attente, les résultats ont démontré que les étudiants apprécient plus la méthode « vieille école » et réagissent avec moins d’enthousiasme que les enseignants à l’usage des TIC en classe. Les professeurs utilisent par ailleurs davantage le courriel que les médias sociaux, alors que c’est l’inverse pour les étudiants. « D’après notre analyse, les enseignants pensent que les étudiants ont une perception plus positive de leur expérience d’apprentissage en classe lorsqu’on leur offre davantage d’activités interactives et axées sur la discussion. En fait, le degré de stimulation et d’intérêt que suscitent les exposés magistraux, quelles que soient les technologies utilisées, constitue le véritable indicateur de l’appréciation d’un cours par les étudiants », explique la Pre Fusaro.
Les chercheurs espèrent que ces résultats auront de vastes répercussions, notamment sur le plan de la conception des curriculums et du développement professionnel. Pour le Pr Venkatesh, « ce projet représente un véritable cas de collaboration fructueuse entre les universités du Québec, collaboration qui pourrait certainement avoir un impact à l’extérieur de la province ». En effet, compte tenu du grand nombre de participants impliqués, il pourrait s’appliquer à divers groupes d’apprenants d’Amérique du Nord et d’Europe, qui évoluent dans des infrastructures d’éducation et d’infotechnologie semblables. Cette toute nouvelle étude québécoise pourrait ainsi entraîner une révolution numérique dans les classes d’enseignement postsecondaire du monde entier.
Partenaires de la recherche : L’étude a reçu l’appui financier de la CREPUQ – Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec – ainsi qu’un fonds de démarrage du Vice-rectorat à la recherche et aux études supérieures de l’Université Concordia. Vivek Venkatesh, Magda Fusaro et leurs adjoints de recherche, Jihan Rabah et Annie Couture, en présenteront les résultats le 9 octobre 2012 au Centre Sheraton à Montréal, dans le cadre du colloque international E-LEARN 2012 – World Conference on E-Learning in Corporate, Government, Healthcare & Higher Education.
Liens connexes :
- Étude citée
- E-LEARN 2012
- CREPUQ
- Département de management et de technologie de l’UQAM
- Vivek Venkatesh
- Magda Fusaro
Source :
Cléa Desjardins
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