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Comprendre les accents

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La communication efficace : plus qu’une simple affaire de prononciation, 
soutient une équipe de recherche des universités Concordia et de Bristol

Montréal, le 3 octobre 2012 – La hausse de l’immigration s’accompagne d’une augmentation de l’usage de l’anglais comme langue seconde dans le monde. Des gens qui, pendant toute leur enfance, ont parlé le français, l’italien, le mandarin ou un autre idiome doivent maintenant pouvoir communiquer efficacement dans une langue qui n’est pas la leur. Or, leurs interlocuteurs sont-ils en mesure de s’adapter?
 
 Les accents n’empêchent pas toujours les gens de communiquer efficacement, pour peu qu’on leur tende l’oreille et qu’on fasse abstraction de leurs façons de prononcer,  expliquent Pavel Trofimovich, spécialiste en linguistique appliquée de l’Université Concordia et sa collègue de l’Université de Bristol Talia Isaacs.

Pavel Trofimovich & Talia Isaacs | Photo by Concordia University
Pavel Trofimovich & Talia Isaacs | Photo de l'Université Concordia 
« Nous avons montré que l’accent est lié à des façons particulières de produire des sons individuels, des syllabes et des mots, lesquelles sont communément subsumées dans la rubrique de la prononciation, explique Pr Trofimovich. En revanche, l’intelligibilité – qui est de loin le plus important des deux concepts sur le plan de l’efficacité de la communication orale – semble plus fortement liée aux aspects de la grammaire et du vocabulaire. »
 
Ils s’intéressent à cette tendance de plus en plus forte dans un article paru dans la prestigieuse revue Bilingualism: Language and Cognition. L’équipe y aborde en effet l’épineuse question de la distinction entre un langage marqué par un accent et un langage moins intelligible ou plus difficile à comprendre. Elle traite l’intelligibilité comme un aspect de la capacité à communiquer dans une langue seconde et montre que la production d’un langage intelligible est plus qu’une simple affaire de prononciation.
 
« Beaucoup de professeurs, de chercheurs, de décideurs et de membres du grand public assimilent l’accent des locuteurs dont la langue maternelle n’est pas l’anglais à leur capacité à communiquer efficacement, explique Pr Trofimovich. Nous voulions vérifier si l’accent et l’intelligibilité – des concepts interdépendants – pouvaient être isolés l’un de l’autre. »
 
Or, les travaux des deux chercheurs semblent indiquer que l’accent est étroitement lié à plusieurs aspects de la sonorité du langage, ou ce qu’on désigne intuitivement par le terme prononciation. En revanche, l’intelligibilité repose sur des facteurs linguistiques qui ne se limitent pas à la prononciation et comprennent l’exactitude grammaticale et la richesse lexicale. 
 
« Le fait de démêler l’accent et l’intelligibilité nous aidera à affiner l’évaluation de la capacité d’expression dans la langue seconde, en particulier dans des contextes où l’efficacité de la communication entre interlocuteurs est essentielle à la bonne exécution de tâches, par exemple en milieu de travail ou d’études, soutient Pre Isaacs. Cela peut en outre nous aider à définir les aspects du langage qui ne gênent ordinairement pas la compréhension, mais peuvent donner lieu à des stéréotypes défavorables. »
 
Pour leur étude, les chercheurs ont enregistré 40 adultes québécois ayant le français comme langue première pendant qu’ils narraient une suite d’images en anglais. Ils ont ensuite fait jouer ces enregistrements à 60 évaluateurs novices et à trois professeurs chevronnés d’anglais langue seconde. 
 
Les auditeurs devaient évaluer séparément l’intelligibilité et la force de l’accent de chaque narrateur à l’aide d’échelles numériques. Leurs évaluations ont ensuite été examinées en tenant compte de 19 mesures issues d’analyses indépendantes du langage, y compris l’accent tonique, la hauteur, les erreurs grammaticales et l’aisance d’élocution. Enfin, des associations statistiques ont été étudiées à la lumière des commentaires des professeurs au sujet des influences linguistiques sur leurs évaluations.  
 
Partenaires de recherche : Ces travaux ont été réalisés grâce à des subventions du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et du Fonds de recherche du Québec – Société et culture de même qu’à un prix de distinction Sir‑James‑Lougheed.
 
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Cléa Desjardins
Conseiller principal, relations avec les médias
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