Une étude contribue à l’élaboration d’une ingénieuse stratégie de croissance pour ce service en vogue
Montréal, le 13 septembre 2012 – « Il faut partager! » nous serinaient parents et enseignants quand nous étions petits. Cependant, la notion de partage devient plus délicate à appliquer lorsque l’objet en cause est aussi personnel et coûteux que peut l’être une voiture. En revanche, avec la hausse du prix de l’essence des derniers jours, les préoccupations environnementales et la surpopulation urbaine, les services d’autopartage tiennent de mieux en mieux la route auprès des automobilistes à temps partiel. Mais ces services pourraient-ils encore gagner en popularité?
À cette question, des chercheurs de l’Institut d’ingénierie des systèmes d’information de l’Université Concordia ont répondu par un « oui » catégorique! En effet, grâce à un modèle informatique qu’ils ont mis à l’essai, ils ont aidé à mesurer trois facteurs importants pour les services de partage de véhicules : la croissance, l’optimisation de la satisfaction clientèle et la profitabilité.

<< Anjali Awasthi est professeure adjointe à la Faculté de génie et d’informatique
« L’autopartage vise la réduction de l’encombrement routier et des émissions de carbone. Aussi, nos travaux pourraient favoriser la durabilité de l’environnement », explique Anjali Awasthi, professeure adjointe à la Faculté de génie et d’informatique. La chercheuse est entrée à Concordia en 2008, après s’être consacrée de nombreuses années à l’étude des services de partage de véhicules en Europe.
« J’ai voulu appliquer à l’agglomération montréalaise les leçons que j’ai apprises outremer », précise-t-elle. D’entrée de jeu, la chercheuse a fait appel à la contribution d’Ahmed Al Fassi, un étudiant à la maîtrise qu’elle supervisait. Ils se sont alors penchés sur le cas de Communauto, une société montréalaise spécialisée dans l’autopartage. Fondée en 1994, c’est la plus ancienne du genre en Amérique du Nord. La voie de l’Europe lui est maintenant ouverte puisqu’elle a récemment acquis Mobizen, une entreprise française de services de partage de véhicules. Cet essor pourrait se traduire par la présence, dans les rues de Paris, d’une armada de nouvelles voitures – voire 4 000 – de Communauto. L’étude de Concordia ne saurait donc paraître à moment plus opportun.
Les chercheurs ont d’abord évalué les quartiers de Montréal qui offraient le plus grand potentiel de croissance. À cette fin, ils ont analysé des facteurs comme la densité de la population et la proximité des stations de véhicules pour les usagers. Ils se sont ensuite concentrés sur les données fournies par Communauto et portant sur un secteur précis : l’arrondissement de Verdun. Au moyen de simulations, ils ont établi divers scénarios de croissance pour mesurer leur impact potentiel sur l’activité de chaque station, les besoins des membres de Communauto et la disponibilité des voitures par rapport à la demande.

Communauto est une société montréalaise spécialisée dans l’autopartage|
Image de Communauto
Image de Communauto
Le modèle mis au point par les deux chercheurs permet de passer en revue des centaines de scénarios et d’évaluer leur rendement respectif. Il peut également prévoir la stratégie de croissance la plus profitable pour un service d’autopartage établi dans un endroit précis, que ce soit en augmentant le nombre de véhicules offerts à une station donnée ou en fusionnant ou en créant des points de service.
Pour Communauto, cette recherche universitaire s’est révélée des plus profitables. « Grâce à l’expertise et à l’apport de la Pre Awasthi et de M. Al Fassi, nous avons amélioré le travail d’analyse nécessaire à la mise en œuvre de notre stratégie de croissance, affirme Marco Viviani, directeur – Développement et relations publiques à Communauto. Nous espérons qu’il ne s’agit là que de la première étape d’une collaboration à long terme. Cette synergie se révélera particulièrement précieuse quand nous développerons de nouveaux marchés à l’étranger. »
À cet égard, la chercheuse participe d’ores et déjà à une autre étude sur Communauto, qui est financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. L’objet en est non plus les stations de véhicules, mais plutôt le parc tout entier et la recherche de méthodes de déploiement plus efficaces des voitures.
Distinctions : La Société canadienne de recherche opérationnelle a retenu l’article rédigé par les chercheurs au nombre des trois finalistes de son concours. Par ailleurs, le compte rendu de la présente recherche a paru cette année dans Expert Systems with Applications, une revue d’envergure internationale.
Liens connexes :
- Institut d’ingénierie des systèmes d’information de l’Université Concordia
- Département d’informatique et de génie logiciel de l’Université Concordia
- Communauto
- Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Source :
Cléa Desjardins
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