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Des raisons de l'exclusion sociale sur le terrain de jeu

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Une chercheuse de Concordia s’interroge sur le rejet chez les enfants 

Montréal, le 5 septembre 2012 – Qu’il s’agisse de toujours être le dernier choisi au moment de former les équipes, de ne pas avoir sa place parmi les filles les plus branchées de l’école ou de n’avoir personne avec qui s’asseoir à l’heure du dîner, les effets négatifs de l’exclusion sociale chez les jeunes sont nombreux et touchent notamment le bien-être affectif et le rendement scolaire. 
 
Mais que signifie l’exclusion pour ceux qui en sont responsables? Doit-on adopter la même approche pour tous et obliger les enfants à admettre leurs camarades, peu importe la situation? Pas nécessairement, nous apprend une nouvelle recherche menée par une professeure de l'Université Concordia.
 
olly Recchia, professeure adjointe au Département des sciences de l'éducation de Concordia.
<< Holly Recchia, professeure adjointe au Département des sciences de l'éducation de Concordia.
 
Holly Recchia et ses collaborateurs se distinguent de leurs prédécesseurs par leur approche. Au lieu de proposer aux participants un choix préétabli de motifs pour expliquer des situations d’exclusion hypothétiques, ils leur ont simplement demandé de décrire un cas où ils ont exclu l’un de leurs pairs.
 
« En menant des recherches qui explorent l’exclusion sociale du point de vue des enfants, nous pourrons les aider à trouver des solutions à cette question », explique Holly Recchia, professeure adjointe au Département des sciences de l'éducation de Concordia et auteure principale de l’étude, réalisée alors qu’elle était boursière postdoctorale à l’Université de l’Utah.
 
L'étude, récemment publiée dans la revue Cognitive Development, révèle que les expériences des auteurs d’actes d’exclusion sont beaucoup plus variées que le donnaient à penser les travaux antérieurs sur le sujet. Par conséquent, la promotion de l’inclusion sociale nécessiterait une démarche plus nuancée. 
 
Grâce à leur approche, la Pre Recchia et ses collègues de l’Université de l’Utah ont pu brosser un tableau plus complet du phénomène. Dans leurs récits, non seulement les enfants expliquent pourquoi ils ont agi de la sorte, mais ils s’expriment sur le bien-fondé de leurs motifs, affirmant par exemple : je n’aurais pas dû l’exclure, car je l’ai blessé ou j’ai bien fait parce qu’on ne travaille pas bien ensemble.   
 
Certains enfants tentent d’émousser leurs émotions négatives à l’égard de l’exclusion en faisant abstraction d’une situation. D’autres cherchent spontanément une solution de rechange. Dans tous les cas, les participants étaient partagés quant à la légitimité de leurs motifs. 
 
« Nous voulons encourager les enfants à considérer d’autres options. Lorsqu’ils le font spontanément, ils montrent qu’ils sont conscients de leur capacité à agir différemment à l’avenir. Cela ouvre la porte à une intervention », affirme la Pre Recchia.
 
L’étude a également démontré que les jeunes vivent l’exclusion différemment suivant leur âge. Pour expliquer leur comportement, les enfants de sept ans invoquent des circonstances indépendantes de leur volonté ou la pression des pairs. La plupart cherchent à s’innocenter. Les adolescents, quant à eux, sont plus susceptibles d’assumer la responsabilité de leurs actes et de décrire des motifs qui leur appartiennent.
 
Cet état de fait pourrait aider les chercheurs à concevoir des interventions adaptées à chaque groupe d’âge. Pour les plus petits, la meilleure approche consisterait à les encourager à accepter la responsabilité de leurs actes et à imaginer un comportement plus adéquat.  
 
« Les interventions les plus efficaces seront celles qui permettront aux enfants de mettre en balance divers objectifs dans le cadre de situations variées, conclut la Pre Recchia. Grâce à cette flexibilité, ils pourront mieux comprendre l’exclusion et éviter de blesser autrui sans pour autant nier leurs désirs et points de vue légitimes. »     
 
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Source :

Cléa Desjardins
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