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Le lâcher-prise : l'attitude à prendre

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Selon une étude conjointe, les rescapées du cancer du sein qui se fixent de nouveaux objectifs ressentent un bien-être accru

Montréal, le 23 avril 2012 – La plupart du temps, nous nous assignons des buts. Toutefois, qu’advient-il lorsque nous devons faire face à une situation qui bouleverse notre vie et que ces buts se révèlent soudain inatteignables, voire malsains, dans les circonstances?

Carsten Wrosch, membre du Centre de recherche en développement humain et du Département de psychologie de l’Université Concordia
Carsten Wrosch, membre du Centre de recherche en développement humain et du Département de psychologie de l’Université Concordia

Les chercheurs Carsten Wrosch, du Centre de recherche en développement humain et du Département de psychologie de l’Université Concordia, et Catherine Sabiston, du Health Behaviour and Emotion Lab (« laboratoire du comportement hygiénique et des émotions ») et du Département de kinésiologie et d’éducation physique de l’Université McGill, ont examiné la question. D’après leur étude publiée récemment dans la revue Psycho-Oncology, les rescapées du cancer du sein qui parviennent à renoncer à certains de leurs objectifs et à s’en donner de nouveaux améliorent leur bien-être global – que renforce encore une augmentation de l’activité physique.

Catherine Sabiston, membre du Health Behaviour and Emotion Lab et du Département de kinésiologie et d’éducation physique de l’Université McGill
Catherine Sabiston, membre du Health Behaviour and Emotion Lab et du Département de kinésiologie et d’éducation physique de l’Université McGill

M. Wrosch et Mme Sabiston se sont penchés sur la manière d’encourager les rescapées du cancer du sein à se montrer plus actives. En effet, les statistiques indiquent que 48 % d’entre elles souffrent d’obésité ou présentent une surcharge pondérale. Elles ont également tendance à être plus sédentaires que les femmes qui n’ont pas contracté cette maladie.

Les chercheurs ont examiné le cas de 176 rescapées du cancer du sein, dont l’âge variait de 28 à 79 ans. En moyenne, les sujettes avaient reçu leur diagnostic onze mois plus tôt et terminé leur traitement depuis trois mois. Des autoévaluations de la capacité de chacune à redéfinir ses objectifs ont été menées au début de l’étude, puis de nouveau trois mois plus tard. Il en est allé de même d’autres mesures, portant cette fois sur l’activité physique, la sédentarité, le bien-être émotionnel et les symptômes physiologiques – comme la douleur ou la nausée – ressentis quotidiennement.

Les résultats ont démontré que le réengagement de l’individu à l’égard de la poursuite d’objectifs (soit le fait d’être capable de se fixer de nouveaux buts) est associé à une augmentation de l’activité physique, à un accroissement du bien-être émotionnel et à une diminution du nombre de symptômes physiologiques. Du reste, les rescapées du cancer du sein qui ont su abandonner certaines aspirations et en avoir de nouvelles ont adopté un comportement moins sédentaire, ce qui s’est traduit, au bout de trois mois, par l’amélioration de leur bien-être.

 « En se donnant de nouveaux buts à réaliser, l’individu peut atténuer la détresse que lui cause le désir de réussir l’impossible. En outre, s’il trouve d’autres aspirations tout aussi nobles, il continuera d’éprouver un sentiment d’accomplissement, explique M. Wrosch. L’abandon d’objectifs qu’il s’est fixés dans le passé lui permettra par ailleurs d’investir suffisamment de temps et d’énergie pour composer efficacement avec sa nouvelle réalité. »

En fonction de principes directeurs établis dernièrement, les rescapées du cancer du sein devraient effectuer chaque semaine au moins 150 minutes d’activité physique, à un rythme modéré ou soutenu, pour que leur santé se raffermisse. « Pour ces femmes, c’est une manière sûre, concevable et efficace d’améliorer leur bien-être et leur santé, souligne Mme Sabiston. Malheureusement, peu d’entre elles exercent le degré d’activité recommandé. »

« Notre étude révèle que l’aptitude à redéfinir ses aspirations joue un rôle en favorisant l’activité – non seulement physique et intense, mais aussi passive. En retour, cela contribue à l’amélioration du bien-être global, explique M. Wrosch. Puisqu’il semble possible d’agir sur l’adaptation à des buts précis, il pourrait être bénéfique d’intégrer à la pratique clinique des méthodes d’ajustement des objectifs. »

Partenaire de recherche : Le projet a reçu l’appui financier des Instituts de recherche en santé du Canada.

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Source :

Cléa Desjardins
Conseiller principal, relations avec les médias
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