Les troubles mentaux agissent sur le stress et la réaction de combat ou de fuite
Montréal, le 28 novembre 2011 — La dépression pourrait avoir des conséquences beaucoup plus graves qu’on ne le croyait. Des données récentes laissent en effet à penser que les personnes qui présentent un trouble de l’humeur seraient deux fois plus susceptibles d’être victimes d’un infarctus du myocarde que celles qui ne le sont pas.
Jusqu’à présent, ce phénomène était encore mal compris. Une nouvelle étude menée par l’Université Concordia a néanmoins découvert que le temps de récupération après un effort physique des personnes déprimées était plus long que celui des non déprimées.
Selon ces résultats, la dépression s’accompagnerait d’un dysfonctionnement de la réaction biologique au stress. Publiée dans la revue Psychophysiology, la recherche insiste sur l’importance du dépistage des maladies cardiovasculaires chez les sujets souffrant de dépression majeure.
« Deux théories opposées ont été avancées pour expliquer le lien entre dépression et maladie cardiovasculaire, affirme Jennifer Gordon, auteure principale de l’étude et doctorante à l’Université McGill. La première suppose que les sujets déprimés prennent moins soin de leur santé, ce qui favoriserait l’apparition de problèmes cardiaques. L’autre théorie est physiologique et tient à un dysfonctionnement de la réaction de stress appelée réaction de combat ou de fuite. Notre étude est la première à examiner le rôle d’un dysfonctionnement de ce type dans la dépression auprès d’un large échantillon de sujets. »
Récupération de la fréquence cardiaque : un puissant outil diagnostique
Au total, 886 participants, âgés en moyenne de 60 ans, ont pris part à la recherche menée à Concordia, en collaboration avec l’Institut de cardiologie de Montréal, l’Université McGill, l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal, l’Université du Québec à Montréal et l’Université de Calgary.
Environ 5 % des participants avaient fait l’objet d’un diagnostic de dépression majeure. Les sujets ont été invités à se prêter à une épreuve d’effort, suivie de la mesure de leur fréquence cardiaque et de leur pression artérielle. On a ensuite comparé les valeurs de la fréquence cardiaque de récupération et de la pression artérielle des sujets déprimés à celles des non déprimés.
« Nous avons découvert qu’il fallait plus de temps aux sujets déprimés pour retrouver une fréquence cardiaque normale, explique Simon Bacon, professeur au Département des sciences de l’exercice de l’Université Concordia et chercheur à l’Institut de cardiologie de Montréal. La récupération de la fréquence cardiaque après l’effort est un moyen de mesurer la réaction de stress. L’allongement du délai de récupération de la fréquence cardiaque observé chez les sujets déprimés est révélateur d’un dysfonctionnement de la réaction de stress. Nous pensons que ce dysfonctionnement peut contribuer à majorer leur risque de maladie cardiaque. »
« Il ressort de cette étude que les professionnels de la santé devraient, en plus de la prise en charge du trouble mental, tenir compte du risque de maladie cardiaque des patients souffrant de dépression majeure, ajoute le professeur Bacon. Ces deux problèmes de santé devraient être traités conjointement pour éviter de plus graves conséquences. »
Partenaires de recherche :
L’étude a reçu l’appui de la Fondation des maladies du cœur du Québec, des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Société canadienne d’hypertension artérielle et du Fonds de la recherche en santé du Québec.
Liens connexes :
- Étude citée
- Université Concordia
- Institut de cardiologie de Montréal
- Département de psychologie de l’Université McGill
Source :
Fiona Downey
Conseillère en relations médias
Service des relations médias
Tél : 514 848-2424, poste 2518
Cell : 514 518-3336
Téléc. : 514 848-3383
Courriel : fdowney@alcor.concordia.ca
