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Caractérisation du code génétique de plantes médicinales

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Ouverture d’une base de données génétiques au public et création de multiples débouchés pour les biotechnologies

Montréal, le 13 septembre 2011 — Des chercheurs canadiens ont identifié la constitution génétique d’un grand nombre d’espèces de plantes médicinales et décidé de mettre les codes correspondants à la disposition des scientifiques et des membres du public, sur le Web.

Ce groupe pancanadien de chercheurs, dirigé par Peter Facchini de l’Université de Calgary et Vincent Martin de l’Université Concordia, travaille en effet à caractériser le code génétique de 75 espèces végétales ayant plusieurs applications potentielles dans l’industrie pharmaceutique, la fabrication de produits de santé naturels, l’agroalimentaire et l’industrie chimique. Jusqu’à présent, les efforts des scientifiques s’étaient concentrés sur un nombre relativement restreint d’espèces végétales.

« La création d’une base publique de données génétiques sur les espèces végétales utilisées dans la fabrication de multiples produits naturels importants constitue un jalon décisif de notre projet », explique Peter Facchini, professeur de sciences biologiques à l’Université de Calgary et codirecteur du Projet PhytoMetaSyn. Lancé il y a deux ans, celui-ci mobilise des chercheurs d’universités et d’instituts de recherche de toutes les régions du Canada.

« Nous terminons l’analyse du code génétique de 75 espèces végétales. Les codes sont mis en ligne au fur et à mesure qu’ils sont caractérisés et notre portail Web devrait être complet d’ici la fin de février 2012. Pour l’heure, plus de la moitié des codes sont disponibles sur notre site Internet. »

Le portail du projet est situé à l’adresse www.phytometasyn.com.

Les plantes sécrètent des enzymes spécifiques, encodées par leurs gènes uniques, qui leur permettent de produire efficacement des médicaments, des arômes, des parfums, des pigments, des insecticides et diverses autres substances chimiques. Plusieurs de ces composés sont encore produits commercialement à partir de végétaux. L’accès à ces données génétiques est un aspect essentiel du projet de recherche, dont l’objectif est de concevoir des technologies afin de recréer les voies enzymatiques des végétaux dans des microbes comme la levure.

De nouveaux composés inexistants dans la nature

La biologie synthétique a également le pouvoir de combiner les gènes de différentes espèces végétales pour créer de nouveaux composés inexistants dans la nature. Peter Facchini a ainsi découvert les gènes qui permettent au pavot commun (ou pavot à opium) de synthétiser de la codéine et de la morphine, une avancée exceptionnelle qui a abouti à la fabrication d’antalgiques efficaces dans des laboratoires pharmaceutiques.

Le chercheur s’est aussi concentré sur la création d’espèces végétales aptes à ne synthétiser que de la codéine, plus précieuse. D’autres espèces étudiées présentent plusieurs applications médicinales allant des agents antiplaquettaires aux médicaments antiverruqueux, en passant par des traitements anti-inflammatoires et anticancéreux.

« Des données génomiques de cette nature et de cette ampleur constituent une véritable mine d’or pour les spécialistes de la biologie synthétique, explique le codirecteur de PhytoMetaSyn, Vincent Martin, professeur au Département de biologie de Concordia et titulaire d’une chaire de recherche du Canada en génomique et génie microbiens. Cette base permet d’accéder à de nombreux gènes ou éléments de gènes pouvant être utilisés pour fabriquer des molécules à l’échelle industrielle. »

Les chercheurs s’intéressent également aux conséquences éthiques, économiques, juridiques et sociales de la science. « On peut se demander à qui appartiennent ces données génétiques, explique le professeur Facchini, qui est également titulaire d’une chaire de recherche du Canada en biotechnologie des processus métaboliques des plantes. Nous les mettons à la disposition du public parce que nous estimons qu’elles appartiennent à tout le monde. Nous les avons découvertes, mais nous ne les avons pas inventées. »

Tania Bubela, de l’École de santé publique de l’Université d’Alberta, étudie pour sa part les dimensions éthiques du volet biologie synthétique du projet PhytoMetaSyn. « Comme dans tous les nouveaux domaines de recherche, il est essentiel de préserver la confiance du public et des législateurs, explique-t-elle. Les actions des scientifiques à ce stade précoce seront en effet décisives pour l’avenir. »

Partenaires de recherche :
Le projet PhytoMetaSyn bénéficie d’un budget total de 13 602 100 $ sur quatre ans. Génome Canada y a contribué 6 443 100 $. Parmi les autres organismes subventionnaires figurent Génome Alberta, Génome Québec, Génome Prairies, Génome Colombie-Britannique, le Conseil national de recherches Canada, le ministère ontarien de la Recherche et de l’Innovation, Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que la Fondation canadienne pour l’innovation.

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Source :

Sylvain-Jacques Desjardins
Conseiller principal, relations avec les médias
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