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Une maison de vente aux enchères allemande défie le Projet de restitution des œuvres de la collection Max-Stern

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La vente d’un tableau se poursuit malgré les questions entourant 
son passé nazi

Montréal, le 9 février 2011 – Les liquidateurs et les trois universités bénéficiaires de la succession de Max Stern (PhD) continuent de se heurter à la résistance de la maison de vente aux enchères Lempertz de Cologne au sujet d’une demande de restitution d’une toile de maître en sa possession.

Une œuvre d’Alexander Adriaenssen (1587-1661) intitulée Fish still life, shellfish, perch, pike, oyster and cat est au centre de cette dispute. En effet, le Art Loss Register a déterminé qu’elle est d’origine suspecte. En 2009, la succession avait demandé à collaborer avec la maison Lempertz afin de contrôler la provenance et l’identification de la toile, censée avoir appartenu à M. Stern avant sa vente forcée sous le régime nazi en 1937 par la même maison.

À quelques semaines de la vente en 2009, les chercheurs du Projet Stern avaient obtenu l’opinion de l’autorité mondiale sur l’artiste, selon laquelle le tableau vendu en 1937 était bien le même que celui de la maison Lempertz. 

Les recherches minutieuses du Bureau des demandes d’indemnisations liées à la Shoah du département des Banques de l’État de New York ont également permis de découvrir qu’avant de se trouver à la Galerie Stern à Düsseldorf, la toile faisait partie de la collection d’Otto Jourdan à Francfort. Il a été clairement établi que l’envers de tous les tableaux de la collection Jourdan portait une étiquette d’identification très distinctive. Or, on peut voir sur la toile d’Adriaenssen actuellement en la possession de la maison Lempertz une marque décolorée là où figurait une étiquette, dont l’emplacement, la taille et la forme correspondent parfaitement à celles de la collection Jourdan. On ignore quand et pourquoi cette étiquette a été enlevée.

Cette importante découverte et la cohérence d’autres éléments de l’affaire, tels que la signature de l’artiste et la précision des mesures, ont porté la succession à croire que l’œuvre est sans  doute celle mise aux enchères lors de la vente forcée.

Même après avoir reçu la nouvelle, les responsables de la maison Lempertz maintiennent que le tableau en leur possession est différent et sera vendu. On ignore si l’acheteur a été informé de la demande de restitution dont l’œuvre fait toujours l’objet.

Depuis 2008, lorsque la succession a récupéré une toile de la collection du chancelier allemand Konrad Adenauer, des progrès considérables ont été accomplis auprès des représentants de collections allemandes privées, publiques et d’entreprises abritant des œuvres de M. Stern pillées sous le régime nazi. La succession espère pouvoir annoncer de bonnes nouvelles  concernant d’autres demandes de restitution cette année en Allemagne, mais considère la position adoptée par la maison Lempertz dans l’affaire Adriaenssen décevante et extrêmement contestable.

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Source :

Nadia Kherif
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