Nouvelle étude publiée dans le Journal of Cardiopulmonary Rehabilitation and Prevention
Montréal, le 11 novembre 2010 – Les personnes souffrant d'anxiété et de dépression devraient être soumises à un test cardiaque supplémentaire lorsqu'elles subissent un examen diagnostique afin de déceler les problèmes cardiaques potentiels, selon une nouvelle étude de l'Université Concordia, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Institut de cardiologie de Montréal.
Dans le cadre de cette recherche, publiée dans le Journal of Cardiopulmonary Rehabilitation and Prevention, un vaste échantillon de patients reliés à des électrodes ont passé un électrocardiogramme (ECG) traditionnel pendant qu'ils s'exerçaient sur un tapis roulant. Les patients ont également subi un test d'imagerie tomographique plus complexe, qui exigeait l'injection d'un produit de contraste radioactif dans le sang, suivi d'une scintigraphie afin d'évaluer si le sang circule normalement vers le cœur durant l’exercice.
« Un ECG est habituellement fiable pour la plupart des gens, mais notre étude a permis de découvrir que, chez les personnes présentant des antécédents de maladies cardiaques et souffrant d'anxiété et/ou de dépression, les problèmes cardiaques peuvent passer inaperçus, souligne Simon Bacon, coauteur de l'étude, professeur au Département des sciences de l'exercice de Concordia et chercheur à l'Institut de cardiologie de Montréal. Bien qu'il s'agisse d'un test plus coûteux, un balayage par rayonnement nucléaire semble être plus efficace pour dépister les maladies du cœur. »
La découverte est importante, puisque environ 20 % des personnes atteintes de maladies cardiaques souffrent également d'anxiété ou de dépression.
« Lorsqu'ils prescrivent et effectuent des tests cardiaques, les médecins devraient connaître l'état psychologique de leurs patients, car cela peut influer la précision du test d'ECG, lorsque celui-ci est utilisé seul », prévient la directrice de l’étude, Kim Lavoie, professeure de psychologie à l'Université du Québec à Montréal et chercheuse à l'Institut de cardiologie de Montréal.
« Les tests d'ECG ne détectent pas autant de problèmes cardiaques que les tests nucléaires chez nombre de ces patients, particulièrement ceux qui sont déprimés, et les médecins peuvent sous-diagnostiquer des personnes à risques », poursuit-elle.
Sur les 2 271 personnes ayant participé à l'étude, environ la moitié avait précédemment subi une crise cardiaque grave, une chirurgie de pontage ou une angioplastie. L'autre moitié courait le risque de développer une maladie du cœur en raison d'un niveau de cholestérol élevé, d'une hypertension ou d'autres facteurs de risque.
L’équipe de recherche a découvert que les patients souffrant de troubles anxieux étaient plus jeunes et plus susceptibles de fumer que les patients sans troubles anxieux. Les personnes anxieuses étaient également moins susceptibles de prendre de l'aspirine ou des médicaments réduisant les lipides, qui peuvent protéger contre certains épisodes cardiaques. De plus, 44 % des participants atteints de troubles anxieux souffraient aussi de troubles dépressifs graves.
« Les patients présentant des indices de dépression élevés ont présenté des niveaux de fatigue et d'effort plus marqués lors du test au tapis roulant, effets pouvant être attribués à la dépression », affirme Kim Lavoie.
Afin d’éviter que les maladies du cœur passent inaperçues, les médecins devraient envisager de faire remplir un bref questionnaire avant d'effectuer les ECG pour déterminer si les patients sont très anxieux ou déprimés. Dans l’affirmative, leur performance durant l'exercice devrait être attentivement surveillée. En cas de résultat d'ECG négatif (c.-à-d. normal), les médecins pourront prescrire une scintigraphie.
« Notre étude indique que la présence de troubles de l'humeur et/ou de troubles anxieux peut influer sur la détection des irrégularités cardiaques durant les ECG, conclut la première auteure de l’étude, Roxanne Pelletier, de l'Université du Québec à Montréal et de Institut de cardiologie de Montréal. Des efforts plus importants devraient être entrepris afin d'inclure un dépistage systématique des troubles de l'humeur et des troubles anxieux dans le cadre des protocoles de tests d'effort à l’exercice. »
Partenaires de recherche :
Cette étude a été financée par le Fonds de la recherche en santé du Québec, les Instituts de recherche en santé du Canada, la Fondation des maladies du cœur du Canada et le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.
Renseignements sur l'étude :
L'article « The Impact of Anxiety Disorders on Assessment of Myocardial Ischemia and Exercise Stress Test Performance », publié dans le Journal of Cardiopulmonary Rehabilitation and Prevention, est une collaboration de Roxanne Pelletier et de Kim L. Lavoie de l'Université du Québec à Montréal et de l'Institut de cardiologie de Montréal; Simon L. Bacon de l'Université Concordia et de l'Institut de cardiologie de Montréal; André Arsenault, Richard P. Fleet et Catherine Laurin de l'Institut de cardiologie de Montréal.
Sur le Web :
- Étude du Journal of Cardiopulmonary Rehabilitation and Prevention citée
- Université Concordia
- Université du Québec à Montréal
- Institut de cardiologie de Montréal
Sources:
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Source :
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