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Les infirmières sont essentielles pour les jeunes de minorités sexuelles

Montréal, le 12 octobre 2010 —

Publication des résultats d’une étude de l’Université Concordia dans le Journal of Child and Adolescent Psychiatric Nursing

Cinq jeunes se sont suicidés au cours des dernières semaines aux États-Unis. Ces décès ont suscité un vif intérêt médiatique et soulevé une importante question : le système de santé a-t-il connu des lacunes vis-à-vis les minorités sexuelles? « Absolument », tranche Deborah Dysart-Gale, auteure d’une nouvelle étude sur les minorités sexuelles et professeure à l’Université Concordia.

« L’intimidation des minorités sexuelles et le suicide sont évitables, poursuit Deborah Dysart-Gale, qui est également directrice de l’unité des études générales de la Faculté de génie et d’informatique. Personne ne doit mourir à cause de son orientation sexuelle. Les professionnels du système de santé et le système sociale doivent être mieux outillés pour répondre aux besoins des minorités sexuelles.»

Selon une nouvelle étude de Deborah Dysart-Gale, publiée dans le Journal of Child and Adolescent Psychiatric Nursing, les infirmières doivent mettre à profit leur rôle dans la société et les milieux cliniques pour militer en faveur de l’amélioration des soins de santé offerts aux jeunes des minorités sexuelles : lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexués et queer (LGBTIQ).

Même si les minorités sexuelles sont mieux acceptées dans la société et que des progrès ont été accomplis sur le front des droits civils, les jeunes LGBTIQ ont souvent des réticences à consulter un médecin par peur d’être incompris ou victimes de préjugés et d’homophobie. « Par leur attitude, les infirmières peuvent jouer un rôle essentiel dans le niveau de satisfaction de ces adolescents à l’égard des soins de santé qui leur sont prodigués », explique Deborah Dysart-Gale.

« Les infirmières sont souvent les premières interlocutrices des patients qui viennent consulter, et ce sont à elles qu’il appartient de réaliser une première évaluation hétéronormative », explique-t-elle, ajoutant que pour gagner la confiance des jeunes, il suffit parfois de leur demander s’ils ont un partenaire plutôt que s’ils sont mariés.

Aux États-Unis, insiste la professeure Dysart-Gale, de nombreux programmes d’éducation sexuelle financés par le gouvernement préconisent l’abstinence jusqu’au mariage, plutôt que des pratiques sexuelles sûres ou différentes.

« Ce type de programmes fait peser des risques particuliers sur les jeunes de ces minorités sexuelles car ils leur enseignent implicitement que l’hétérosexualité est le seul comportement sexuel sanctionné et que l’attirance pour des partenaires de même sexe est illégitime », poursuit-elle, en insistant sur le fait que les infirmières peuvent contribuer à réduire les cas d’infections transmises sexuellement en évoquant avec leurs patients des pratiques sexuelles sûres.

Les infirmières devraient s’abstenir de porter des jugements, être tolérantes et à l’écoute des minorités sexuelles, en milieu clinique comme dans la communauté », ajoute la professeure Dysart-Gale. Elles peuvent nouer des relations de confiance avec cette catégorie de patients. En milieu clinique, elles peuvent lutter contre l’homophobie en se renseignant sur les besoins de cette clientèle particulière et en ayant des échanges ouverts et positifs avec leurs patients. Elles peuvent aussi militer pour des politiques institutionnelles plus justes et plus inclusives. »

Les cinq défunts qui se sont suicidés aux États-Unis seraient possiblement toujours en vie si les infirmières de leur école avaient offert un soutien. « Dans le passé, les infirmières ont été sensibilisées aux besoins des minorités ethniques et pourraient être également réceptives à ceux des minorités sexuelles, souligne la professeure Dysart-Gale. Les infirmières pourraient appliquer les meilleures pratiques quand elles sont outillées.»

Sur le Web :

Article paru dans le Journal of Child and Adolescent Psychiatric Nursing
Université Concordia
Unité des études générales

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Source :

Sylvain-Jacques Desjardins
Senior advisor, media relations
University Communications Services
Concordia University
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Email: s-j.desjardins@concordia.ca
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