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Rapport révolutionnaire sur les leçons que doit tirer le Canada de l’échec au Rwanda

Montréal, le 21 septembre 2009 —

Ottawa – Demain, mardi 22 septembre 2009, de 10 h à 10 h 45, à l'Amphithéâtre national de la presse, le Pr Frank Chalk de l’Université Concordia et le lieutenant-général (retraité) Roméo Dallaire lancent un rapport révolutionnaire sur les leçons à tirer du génocide du Rwanda de 1994 et de la crise du Kosovo de 1999. Franck Chalk est professeur d’histoire et directeur de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne (MIGS) rattaché à l’Université Concordia, et Roméo Dallaire est chercheur principal au MIGS. Le rapport contient des recommandations visant à mobiliser la volonté politique nationale canadienne pour prévenir les atrocités de masse.

La rédaction de ce document de 160 pages, intitulé Mobiliser la volonté d’intervenir : Leadership et action pour la prévention des atrocités de masse, a pris 19 mois. C’est le fruit de plus de 80 interviews au Canada et aux États-Unis, avec d’importants anciens décideurs et leaders d’opinion. Certains témoignages sont encore inédits. C’est également le résultat des recherches exécutées dans le cadre du projet La volonté d’intervenir (W21).

Mobiliser la volonté d’intervenir analyse la réaction du Canada à deux crises humanitaires déterminantes des années 90. Avant et pendant le génocide rwandais de 1994, où 800 000 personnes ont été massacrées sans que la communauté internationale bronche, les plus hauts dirigeants canadiens possédaient beaucoup plus de renseignements qu’on ne le croyait alors. Or, ils n’ont pas tenu compte de la nécessité stratégique à long terme de soutenir cette importante mission de maintien de la paix en Afrique. Il n’y avait tout simplement aucune volonté politique d’intervenir. Au contraire, dans les hautes sphères du gouvernement canadien, la seule volonté manifeste était celle de ne rien faire!

En effet, « seule, la volonté de NE PAS intervenir ressort clairement de notre étude sur la réaction des gouvernements canadien et américain au génocide du Rwanda de 1994. Ils ont tous deux bloqué et rejeté des renseignements importants sur l’étendue du massacre ainsi que les propositions utiles d’une action préventive », s’est exclamé le Pr Frank Chalk.

«Déclarer que la prévention des atrocités de masse relève de l’intérêt national du Canada et des États-Unis serait reconnaître que le génocide et les autres atrocités de masse menacent indirectement, mais inéluctablement la santé publique, la sécurité (à cause du terrorisme et de la piraterie) et la prospérité économique des Canadiens. Notre front pour lutter contre les maladies infectieuses, les pandémies, le terrorisme et l’accès stratégique aux matières premières vitales passe par l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Bannissez-les de l’écran radar et vous jetez plus que nos valeurs humanitaires, vous détruisez aussi les bases de notre sécurité et de notre prospérité », a ajouté le lieutenant-général à Roméo Dallaire (retraité).

Notre rapport fournit la preuve que le génocide et les atrocités de masse non seulement bouleversent la conscience des Canadiens, mais menacent aussi la sécurité nationale et les intérêts économiques du Canada. Ainsi, avec l’augmentation des voyages internationaux des hommes d’affaires, des travailleurs humanitaires et des touristes, les maladies infectieuses, attisées par la surpopulation des camps de réfugiés, se propagent ; et les systèmes de santé se dégradent, après l’avènement d’atrocités de masse dans des régions jadis méconnues comme la République démocratique du Congo, le Soudan et le Zimbabwe. Ces deux fléaux posent désormais des menaces à la santé publique en Amérique du Nord. Les atrocités de masse promettent aussi de miner les fondements de la stabilité politique dans des régions entières de l’économie mondialisée et mettent en péril la prospérité économique du Canada. De plus en plus, le bien-être des Canadiens à l’intérieur du pays est menacé par des crises négligées dans des contrées lointaines. Le rapport souligne les coûts élevés d’ordre financier, politique et sécuritaire d’un Canada qui n’agit pas pour stopper les atrocités de masse.

S’appuyant sur les leçons tirées du Rwanda et du Kosovo dans les années 90, le rapport fait d’importantes recommandations pour les représentants gouvernementaux, les législateurs, la société civile et les médias canadiens afin de susciter une volonté politique de prévenir les atrocités de masse. Voici les principales recommandations :

•Le premier ministre fait de la prévention des atrocités de masse une priorité nationale pour le Canada et collabore sur le plan stratégique avec le Président Barack Obama;

•Le premier ministre nomme un ministre de la sécurité internationale, aussi responsable de la prévention des atrocités de masse; en tant que membre de premier plan du cabinet pour coordonner la défense, la diplomatie et une politique de développement;

•Le gouvernement du Canada crée un corps de prévention canadien pour soutenir des missions diplomatiques de haut niveau afin de prévenir les atrocités de masse;

•Des groupes de sociétés civiles et des ONG forment une coalition canadienne pour la Responsabilité de protéger afin d’engager l’électorat et de bâtir une base de soutien pour l’action.


Le rapport soutient que le Canada peut contribuer considérablement à la sécurité mondiale et aux droits humains et, grâce à un effort stratégique, peut renforcer sa sécurité et sa position dans le monde en prenant le leadership sur la prévention des atrocités de masse.

Pour télécharger et lire le rapport : http://migs.concordia.ca/W2I/W2I_Project.html

Pour écouter les propos des chercheurs principaux :
http://www.concordia.ca/about/whoweare/videogallery/feature_video.php?id=73&video=migs_2.flv

Contact média

Pour plus d’informations ou pour solliciter une interview avec un membre de l’équipe W21, veuillez contacter :

Pour le MIGS : Kyle Matthews, chercheur principal, tél. : 514 976-8160, kylematt@alcor.concordia.ca, ou le Pr Chalk, directeur du MIGS,
tél.: 514 983-9533 drfrank@alcor.concordia.ca

Pour le lieutenant général (retraité) Roméo Dallaire : Rafael Guzman,
tél.: 613 995-4191, guzmar@sen.parl.gc.ca

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Source :

Nadia Kherif
Conseillère en relations médias
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