Montréal, le 4 janvier 2008 —
De haut en bas : Une pièce du château Wilharm où est accrochée la toile de Winterhalter; Mädchen aus den Sabiner Bergen, huile sur toile, Franz Xavier Winterhalter (1806-1873); détail de la peinture; la galerie Stern à Dusseldorf
Au nom des liquidateurs de la succession de M. Max Stern et de ses trois universités bénéficiaires (Concordia et McGill à Montréal et l’Université hébraïque à Jérusalem) l’Université Concordia est heureuse d’annoncer que, le 27 décembre 2007, la cour du district du Rhode Island a accordé à la succession Stern une motion visant à obtenir un jugement sommaire relativement à la toile Girl from the Sabine Mountains de Franz-Xaver Winterhalter (1805-1873), un peintre de cour européen réputé. Il s’agit de la première décision dans toute l’histoire juridique américaine à porter sur la vente forcée d’œuvres d’art ayant appartenu à des juifs sous le régime nazi en Allemagne. Elle stipule qu’une vente forcée équivaut à un vol.
Ce jugement historique tombe presque trois ans jour pour jour après que le Art Loss Register eut averti la succession Stern que la baronne Von Morsey Pickard (domiciliée à Providence sous son nom de femme mariée, Marie-Louise Bissonnette) s’apprêtait à mettre aux enchères la peinture que son beau-père avait acquise en 1937 lors de la vente forcée des biens de Max Stern à Cologne par la maison de ventes aux enchères Lempertz; l’œuvre a depuis été retirée de la liste des biens à vendre aux enchères au Rhode Island. Par la suite, la succession Stern a entamé de bonne foi des discussions avec la baronne par l’intermédiaire du Holocaust Claims Processing Office (HCPO) du New York State Banking Department. Quelque six mois après le début des pourparlers, la baronne a entrepris d’expédier clandestinement la toile en Allemagne en espérant pouvoir contourner la législation américaine. La fondation Stern a engagé des poursuites au Rhode Island en 2005.
Dans un jugement de 18 pages, la juge en chef de la cour de district américain, Mary M. Lisi, reconnaît que, le 29 août 1935, Max Stern a reçu de la Chambre des beaux-arts du Reich (une organisation du gouvernement nazi) l’ordre de fermer et de liquider sa galerie. Les lois de Nuremberg sont entrées en vigueur deux semaines plus tard. Comme Max Stern était juif et qu’il était sujet à des persécutions du gouvernement allemand en vertu des lois de Nuremberg, les actes perpétrés par les nazis dans ces circonstances doivent être considérés comme du pillage ou du vol.
La juge Lisi est parvenue aux conclusions suivantes : 1) la toile a été prise à Max Stern de manière illicite; 2) la baronne Von Morsey Pickard en est à tort la propriétaire; 3) la succession Stern en est la propriétaire de plein droit.
« Cette décision sans précédent est une autre grande victoire pour les membres du projet de Restitution des œuvres d’art ayant appartenu à Max Stern, qui poursuivent avec succès leurs démarches en vue de retrouver les œuvres ayant été volées au galeriste de 1935 à 1937, a déclaré le liquidateur de la succession, M. Robert Vineberg. Le fait que la cour considère cette vente de 1937 comme l’ultime acte forcé d’une série de mesures coercitives imposées à Max Stern par le gouvernement nazi nous encourage à poursuivre activement notre recherche des quelque 400 autres toiles qui lui ont été volées au cours de cette période. »
http://auktion392.com
http://maxsternproject.concordia.ca
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Source :
Nadia Kherif
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