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Les impressions négatives de la mère sur son nouveau-né peuvent persister bien après la dépression post-partum

Montréal, le 9 mai 2007 —

La dépression post-partum peut avoir des effets persistants sur le nouveau-né, bien après le rétablissement de la mère, selon des chercheurs de l’Université Concordia (Montréal) et de l’Université de l’Iowa (Iowa). Dans le cadre d’une étude inédite en Amérique du Nord, ces chercheurs ont testé une thérapeutique sans médicaments pour aider les mères à sortir de la dépression et voir aussi si leur comportement face à leur nourrisson en serait amélioré. Contre toute attente, ils ont découvert que la réussite de la thérapie auprès d’une mère dépressive ne suffisait pas à protéger sa relation avec le bébé, et que ses premières impressions sur son nouveau-né pouvaient subsister pendant des années.

« Ces résultats sont très importants, car les mères dépressives sont plus enclines à mal percevoir leur bébé et à le trouver difficile, par exemple », explique l’auteur principal David Forman, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada sur le développement humain et professeur de psychologie à l’Université Concordia. « Étonnamment, la vision qu’a la mère de son enfant reste la même au fil du temps, comme par un phénomène d’anticipation. Si la mère le juge difficile, le nouveau-né peut s’avérer plus tard un enfant ou un adolescent difficile. »

Les études portaient sur 157 mères, six mois après l’accouchement. Les deux tiers qui souffraient d’une dépression post-partum ont bénéficié d’un court traitement, la psychothérapie interpersonnelle, qui s’est révélé très efficace pour soulager la dépression. Mais en dépit de leur rétablissement, leur sensibilité face à leur bébé ne s’est pas automatiquement améliorée et elles ont continué à le juger très difficile.

Lorsque les petits ont atteint l’âge de deux ans, les chercheurs ont réinterrogé leur mère. De manière générale, les mères dépressives voyaient toujours leur enfant négativement et ces derniers avaient davantage tendance à présenter des problèmes comportementaux que les enfants des mères non dépressives. Les mères dépressives estimaient également que leur enfant était moins attaché à elles, même si elles avaient suivi un traitement et étaient, pour la plupart, rétablies.

Ces découvertes sont capitales dans la mesure où, en Amérique du Nord, environ 7 % de mères souffrent d’une importante dépression dans la période suivant l’accouchement. Les chercheurs pensent cependant que certaines de ces difficultés peuvent être surmontées. Ainsi, selon d’autres études, un traitement accompagné d’une aide parentale peut favoriser le développement de l’enfant. Des recherches menées sur des enfants plus âgés prouvent par ailleurs que le traitement de la mère bénéficie effectivement à l’enfant. « Ce qu’il faut retenir, poursuit M. Forman, c’est que certaines de ces familles continueront à avoir besoin d’aide. Il ne faut pas présumer que les enfants iront bien dès que leur mère commencera à se sentir mieux. »

L’étude, intitulée Effective treatment for postpartum depression is not sufficient to improve the developing mother-child relationship, a été publiée dans l’édition du printemps de la revue Development and Psychopathology. Pour tout complément d’information, prière de communiquer avec M. David Forman au 514 848-2424, poste 2248, ou lui écrire à David.Forman@Concordia.ca.

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Source :

Nadia Kherif
Conseillère en relations médias
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