Montréal, le 8 mars 2006 —
Les écoles qui manquent d’argent devraient-elles réduire le nombre d’heures d’éducation physique afin de financer d’autres matières? D’après une récente étude menée par Mme Jennifer McGrath, chercheure au Département de psychologie de l’Université Concordia, une diminution du temps consacré à l’éducation physique à l’école pourrait entraîner de lourdes conséquences sur la santé future des enfants dont la plupart, surtout de familles défavorisées, ne satisferont même plus aux recommandations en matière d’activité physique.
L’étude avait pour objectif de déterminer si l’activité physique et le comportement sédentaire des enfants dépendaient de leur milieu socioéconomique, étant entendu que le milieu à faible niveau implique d’être plus pauvre, moins scolarisé ou même de venir d’un quartier défavorisé.
« Nous savons, d’après d’autres études, que les adultes vivant dans un milieu socioéconomique à faible revenu ont une sédentarité fortement marquée et une activité physique quasi inexistante en raison d’obstacles beaucoup plus nombreux qu’ailleurs, comme l’accès limité à des installations sportives, le manque d’espaces récréatifs sécuritaires et les frais élevés » affirme Mme McGrath.
Des enfants de 9, 13 et 16 ans choisis dans 190 écoles du Québec ont été interrogés sur la fréquence de leurs activités sportives et physiques, le nombre de cours d’éducation physique offerts à l’école et le temps passé à regarder la télévision ou à jouer à des jeux vidéo (étude menée par Santé Québec dans le cadre de l’Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois en 1999). L’étude tenait également compte du milieu socioéconomique des parents (niveau d’instruction et revenu du ménage) et des écoles (selon les indices du ministère de l’Éducation du Québec comprenant, entre autres, la sous-scolarisation de la mère, la pauvreté générale et un indice lié à l’environnement socioéconomique).
Les résultats démontrent que les enfants issus de familles moins bien nanties et moins scolarisées sont moins actifs physiquement et plus sédentaires que ceux qui sont issus de familles plus aisées et davantage scolarisées. Même constat pour les élèves d’écoles dont le niveau socioéconomique est faible par rapport à ceux qui fréquentent une école plus favorisée. Cependant, que leur famille et leur école soient riches ou pauvres, tous bénéficiaient du même nombre de cours d’éducation physique qui, pour certains jeunes défavorisés, étaient du reste la seule source d’activité physique. Ces constatations sur l’importance des cours d’éducation physique dans les écoles ont des répercussions considérables sur les décisions politiques relatives au financement des écoles, qui devraient dispenser suffisamment de ces cours pour s’assurer que tous les élèves suivent les recommandations en matière d’activité physique.
Pour plus d’information, communiquez avec Mme Jennifer McGrath, professeure adjointe au Département de psychologie au (514)848-2424, poste 5207 ou par courriel jmcgrath@alcor.concordia.ca .
- 30 -
Source :
Nadia Kherif
Conseillère en relations médias
Service des Relations médias
Tél : 514-848-2424, ext. 4187
Cell: 514-262-0909
Télec. : 514-848-3383
Courriel : kherif@alcor.concordia.ca
