Montréal, le 28 février 2006 —
Lors de la soirée des Oscars, le prix pour le meilleur placement de produits dans un film reviendra à coup sûr à… Brokeback Mountain
En premier plan, deux cow-boys sentimentalement frustrés; en arrière-plan, une bière et deux marques de commerce de sodas. Brokeback Mountain est une histoire magnifique, remarquablement bien racontée. Mais est-il vraiment nécessaire de nous rappeler sans cesse que tous les personnages boivent de la Budweiser? Et qu’en est-il de ce distributeur de Coca-Cola, énorme et lumineux, en face d’Ennis pendant qu’il mange une tarte aux pommes? Plus bizarre encore, pourquoi le principal rival de Coca-Cola, Pepsi, se trouve-t-il dans le même film?
Est-ce un placement négatif destiné à décrier la concurrence? Après tout, on voit le logo de Pepsi sur un mur d’une ville mexicaine en décrépitude où Jack se rend à la recherche de sexe. On imagine bien la réflexion d’une minette : « Pepsi, c’est devenu genre, gay ou quoi? » (En réalité, on ne voit jamais le gigantesque et flamboyant distributeur rouge de Coca-Cola dans le même plan qu’Ennis, mais distinctement en arrière-plan de son ex-petite amie hétéro accompagnée de son nouveau jules).
« Le placement de produits dans le monde du divertissement est devenu une grosse affaire de sous – environ 3,6 milliards de dollars par année. Mais il faut distinguer entre le vrai placement “marketing“ et les produits utilisés comme procédés narratifs », déclare Mattew Soar. À la tête d’une petite équipe de chercheurs de l’Université Concordia, le professeur de communication étudie cette industrie en plein expansion. À la suite du succès de la vidéo Behind the Screens: Hollywood goes Hypercommercial, l’équipe a récemment lancé Brand Hype, une nouvelle ressource médiatique en ligne qui recense les placements de produits dans les films.
«Nous vivons dans une culture « hypercommerciale » de plus en plus envahie par la publicité – des affiches placées dans les toilettes publiques aux tatouages temporaires apposés sur le front d’étudiants universitaires à court d’argent », ajoute M. Soar.
Au milieu de cette « crue publicitaire », les spécialistes du marketing doivent trouver de nouveaux moyens d’attirer l’attention du public sur les marques dont ils font la promotion. Voyez le grand écran, où elles ne se retrouvent pas juste dans les publicités qui précèdent le visionnement, mais sont tissées dans les intrigues mêmes des films que nous payons le prix fort pour voir. « Au cinéma, nous sommes un auditoire captif de ce genre de publicité qui, inévitablement, affecte négativement les films produits à Hollywood », conclut Saor.
Pour obtenir plus d’information, communiquez avec M. Matthew Soar, professeur adjoint au Département de communication au (514) 848-2424, poste 2542 ou par courriel msoar@alcor.concordia.ca .
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Source :
Nadia Kherif
Conseillère en relations médias
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