Montréal, le 25 avril 2005 —
L’Université Concordia, à Montréal (Québec/Canada), s’est engagée, au nom des exécuteurs testamentaires et des trois universités légataires (Université Concordia, Université McGill/Montréal et la Hebrew University/Jérusalem) de la succession de Max Stern, l’un des plus importants galeristes et collectionneurs au Canada, à rechercher les œuvres d’art qui lui avaient été confisquées par les Nazis ou qu’il avait été forcé de vendre dans les années 1930. L’annonce officielle de cette opération en Europe sera effectuée par M. Clarence Epstein, directeur des projets spéciaux de l’Université Concordia, lors d’une conférence de presse à la Délégation générale du Québec à Londres (59, rue Pall Mall) le jeudi 28 avril 2005, à 11 heures.
Dès 1913, la Galerie Julius Stern, sise à Dusseldorf (Allemagne), était connue pour sa collection comprenant des œuvres d’anciens maîtres flamands et hollandais, ainsi que des peintures allemandes. À la mort de son père, survenue en 1934, Max Stern a assumé la responsabilité de la galerie. En 1937, après avoir subi pendant des années un harcèlement constant de la part du gouvernement nazi et de la Gestapo, M. Stern a été contraint d’expédier la quasi-totalité de son inventaire et de sa collection privée à la société de vente aux enchères Lempertz, à Cologne. Puis il a entreposé ce qui lui restait chez un affréteur de manière à ne pas tout perdre.
Il s’est alors enfui, une seule valise sous le bras, vers Paris et, quelques temps plus tard, a demandé l’asile au gouvernement britannique. Il a dirigé sur place la West Gallery, située sur la rue Duke à Londres. Malheureusement, lorsque Paris est tombée aux mains des forces de l’Axe en 1940, les visiteurs allemands en Angleterre ont été subitement considérés comme des ennemis. Si bien que Max Stern a été interné dans plusieurs camps de réfugiés, sur l’Île de l’Homme puis au Canada.
En 1942, il s’est finalement installé à Montréal et s’est impliqué peu de temps après dans la Galerie Dominion, qu’il a éventuellement achetée. Cette dernière est devenue, grâce à son travail, la plus prestigieuse galerie canadienne. En 1946, il est retourné en Allemagne afin d’entamer des procédures qui lui ont permis de récupérer 14 peintures qui lui avaient été extorquées par les Nazis. Il s’est également rendu, au même moment, en Angleterre afin de reprendre possession de plusieurs œuvres qui avaient été entreposées à la Banque Barclays. Toutefois, la majorité de ses possessions ne lui ont jamais été rendues.
L’Université Concordia, considérée aujourd’hui comme l’une des institutions canadiennes les plus spécialisées dans le domaine de la propriété culturelle, a décidé d’intervenir lorsqu’elle a pris connaissance de l’injustice vécue par Max Stern. Elle pense qu’il est de son devoir de poursuivre les recherches qui avaient été amorcées, après la Seconde Guerre mondiale, par M. Stern lui-même pour se voir restituer ses biens. Pour ce faire, elle travaille étroitement avec Le Registre de Perte d’Art de Londres, La Commission pour l'art pillé en Europe (ECLA), le Holocaust Claims Processing Office de l’État de New York et les plus grandes maisons de vente aux enchères au monde.
En l’espace de peu de temps depuis le début de ses investigations, l’Université Concordia a réussi à identifier près de 250 œuvres d’art appartenant à M. Stern, dont des travaux de Brueghel, Bosch, Carracci et Winterhalter. Cinq de ces œuvres ont été plus précisément localisées aux États-Unis, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. Les exécuteurs testamentaires et les légataires de M. Stern espèrent qu’ils n’auront pas à passer par les cours de justice pour réclamer ce qui leur est dû. Ils souhaitent également pouvoir miser sur la morale afin de convaincre les institutions ou les particuliers qui pourraient se montrer récalcitrants à l’idée de rendre ces œuvres d’art à leur véritable propriétaire.
Pour obtenir des entrevues avec M. Epstein à Londres, vous pouvez contacter Mme Catherine Lecavalier, chargée de projet de la Délégation générale du Québec à Londres, au 020 7766 5911 ou à l’adresse suivante : catherine.lecavalier@mri.gouv.qc.ca.
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Source :
Nadia Kherif
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