La grappe métallurgie employait 28 000 travailleurs au Québec en 2004 dans 147 établissements et exportait des biens d’une valeur de presque 8 milliards de dollars. Urbanisme, réseaux routiers, construction, mécanique, robotique, aérospatiale, informatique, environnement et bien d’autres secteurs dépendent de la performance des métaux. La métallurgie est donc reliée de près au travail de beaucoup d’ingénieurs à l’Université Concordia, qui accueille l’une des plus grandes concentrations d’ingénieurs au Canada. Mais on la retrouve aussi là où on ne s’y attendrait pas.
Au-delà de l’industrie et de la société civile, la présence de la métallurgie peut surprendre : en effet, le Département de sculpture de la prolifique Faculté des beaux-arts de Concordia, où on travaille le métal, est le seul à Montréal à proposer des programmes complets aux étudiants de 1er et de 2e cycles.
C’est d’ailleurs ce qui a amené M. Erwin Regler, Allemand d’origine, à préférer Montréal à New York pour enseigner. « Montréal est, dit-il, l’une des villes les plus palpitantes d’Amérique, un endroit agréable à vivre et un centre de haut savoir et de recherche très influent qui abrite quatre universités. Et la réputation de Concordia à l’étranger est excellente. Je ne pouvais donc pas rater la chance de m’y installer. »
Qualité de l’enseignement, recherche compétitive, capacité d’innovation, milieu ouvert et dynamique, diversité et multidisciplinarité : aux yeux de M. Regler, les atouts de Concordia ne manquent pas. Ils lui ont permis d’enseigner en sculpture et en design, et de faire évoluer son travail, auparavant centré sur la création de sculptures massives en métal, vers une recherche beaucoup plus minutieuse. Sa nouvelle manière de concevoir la sculpture, basée sur la conception et l’animation d’œuvres virtuelles en trois dimensions et sur le prototypage de miniatures en métal qui auraient été impossibles à réaliser auparavant, n’est pas seulement esthétiquement ou culturellement attrayante, elle représente de nouvelles possibilités en design et en architecture. « Je suis certain que ce que mes étudiants et moi-même développons pourrait intéresser le secteur du cinéma, des nanotechnologies et de l’aérospatiale », affirme-t-il.