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HAR 7002 (UdeM) - Bloc B séminarie: séminaires de recherche: Vers une historie de l'art numérique

Horaire :
Mercredi 9h00-12h00

Premier séminaire: 12 septembre 2018

Lieu :
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, C-2117 

Inscription :
Étudiant.e.s de l’Université de Montréal, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ 

Professeure :
Emmanuel Château-Dutier

 

Dans le rapport qu’elle a rendu à la fondation Mellon en 2012 sur les centres d’histoire de l’art et les humanités numériques, Diane Zorich soulignait l’ambivalence particulière de l’histoire de l’art à l’égard du numérique. À bien des égards, son propos fait écho à l’éditorial – plutôt désabusé – publié en 1992 par Jacques Thuillier en France dans la Revue de l’Art, au terme d’une première décennie d’expérimentations. C’était pour lui un échec, et cet échec était en premier lieu attribuable au manque d’intérêt manifesté par les historiens de l’art pour l’informatique. Pourtant notre discipline se trouve aujourd’hui dans une position très paradoxale. C’est probablement celle dont les objets d’étude ont le plus bénéficié, à travers le monde, d’une numérisation patrimoniale et d’une mise à disposition sur internet. Dans le même temps, l’histoire de l’art, tout du moins ses institutions universitaires, est relativement peu représentée dans le mouvement des Digital Humanities. 

Une telle méfiance à l’égard du numérique est probablement en partie attribuable au caractère particulier des objets que l’on étudie. Elle reflète peut-être une défiance plus générale à l’égard de la reproduction technique des œuvres d’art, incapables de rendre l’ici et maintenant de l’œuvre si justement évoqué par Walter Benjamin. Mais elle n’explique pas tout. Les images ou les objets en trois dimensions sont aussi des objets plus difficiles à manier informatiquement que le texte. Non seulement leur nature visuelle, mais aussi leur dimension matérielle (sans évoquer même d’autres formes d’expressions) paraissent résister à la calculabilité et à l’analyse informatique.

Depuis quelques années, l’histoire de l’art manifeste en tant que discipline un intérêt de plus en plus marqué au potentiel transformateur des projets numériques. Une déclaration en 2014, suivie par le lancement de plusieurs écoles d’été sur le sujet aux États-Unis, puis la création d’une revue dédiée, et plus récemment la publication d’un livre blanc et l’organisation de diverses manifestations un peu partout témoignent d’une certaine effervescence. 

Mais comme dans toutes les autres disciplines, pour qu’il y ait véritablement une histoire de l’art numérique, la question est surtout de savoir si le numérique renouvelle fondamentalement notre approche de l’art. S’il a des effets disruptifs sur nos méthodes et notre manière d’envisager les productions artistiques, c’est-à-dire de savoir s’il peut être à l’origine de réels changements épistémologiques.  

▪              quel exemple suffisamment frappant citer sur lequel chacun puisse s’accorder quant au fait qu’il a changé le champ du point de vue de ses méthodes ou de ses implications théoriques ? 

▪              peut-on se contenter d’outils qui nous permettraient seulement de faire plus vite, et plus simplement, avec des accès plus aisés, ce que l’on faisait précédemment ?  

Ainsi, dans un article récent, Johanna Drucker s’interrogeait sur l’existence d’une histoire de l’art numérique, en distinguant une « histoire de l’art numérisée » qui ne serait qu’une histoire de l’art facilitée par le numérique, et une « histoire de l’art augmentée », proprement dit numérique qui tirerait parti d’analyses qu’autorisent aujourd’hui les techniques digitales. Cette stricte dichotomie présente peut-être l’inconvénient de trop négliger la pratique et les usages. Avec le numérique, ce sont non seulement les objets mais aussi les méthodes de l’histoire de l’art qui évoluent. La mise à disposition de larges ressources numérisées en ligne ainsi que les possibilités offertes par les outils numériques ouvrent de nouvelles voies pour la recherche et l’écriture. Partant de l’étude critique de divers projets achevés ou en cours, nous nous proposons d’essayer d’envisager ce que peut le numérique en histoire de l’art.

Bibliographie

Histoire de l’art numérique 

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Zorich, Diane M. Transitioning to a Digital World: Art History, Its Research Centers, and Digital Scholarship. Report to The Samuel H. Kress Foundation and The Roy Rosenzweig Center for History and New Media, George Mason University, (May 2012).

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Humanités numériques 

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Burdick Anne, Johanna Drucker, Peter Lunenfeld, Todd Presner, Jeffrey Schnapp. Digital humanities. Cambridge Mas.: The MIT Press, 2012.  

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