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L’Institut Simone de Beauvoir de Concordia mise sur ses 40 ans d’innovation et de croissance

De nouvelles professeures et une orientation repensée reflètent une transition pour le berceau d’un des premiers programmes universitaires d’études des femmes au Canada
October 1, 2018
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By Taylor Tower

Kimberley Manning, directrice actuelle, et Alan Shepard, recteur de l’Université Concordia Kimberley Manning, directrice actuelle, et Alan Shepard, recteur de l’Université Concordia, lors des célébrations du 40e anniversaire de l’institut, le 10 mai 2018.

Le 40e anniversaire de l’Institut Simone de Beauvoir, berceau d’un des premiers programmes universitaires d’études des femmes au Canada, marque une année de changement, de croissance et de transition. Selon Kimberley Manning, directrice de l’institut depuis 2016, l’établissement réoriente ses énergies vers les enjeux autochtones, raciaux, migratoires et francophones.

« Ce jalon important est l’occasion de nous demander où doit maintenant se diriger le féminisme. Nous voulons nous tourner vers l’avenir en mettant en valeur de nouvelles voix et en reconnaissant nos lacunes », explique-t-elle.

Les célébrations ont commencé en mai 2018 par la conférence Unsettling Feminisms, qui examinait des sujets comme la connaissance autochtone, l’art et le militantisme.

Dans son allocution de clôture, Alanis Obomsawin, cinéaste primée et membre de la nation abénaquise, a traité de la race, du colonialisme et de la perte au moyen de récits personnels et d’extraits de deux de ses 50 films documentaires.

Concluant la conférence d’une semaine, la performance de Mme Obomsawin a trouvé grand écho auprès de Sophie Wonfor, étudiante en histoire de l’art et en arts plastiques, qui assistait à l’événement afin d’obtenir des crédits dans le cadre d’un séminaire d’été. C’était d’ailleurs la deuxième année qu’un séminaire était intégré dans une conférence, offrant aux étudiantes et étudiants de tous cycles l’occasion de prendre part à une conférence dans le contexte d’un cours intensif d’une semaine donnant droit à trois crédits.

« Comme l’a fait remarquer Kimberley Manning après la dernière chanson de Mme Obomsawin, aucune d’entre nous n’a quitté la salle inchangée, voire sans être bouleversée d’une manière ou d’une autre et résolument inspirée à contribuer aux changements que nous désirons », affirme l’étudiante.

La conférence a également laissé une impression durable sur les présentatrices, dont Natalie Kouri-Towe, récemment entrée à l’institut comme professeure adjointe.

L’intégration d’un séminaire d’été à la conférence a mené la Pre Kouri-Towe à repenser sa présentation. « J’avais préparé une présentation normale, puis j’ai plutôt décidé d’avoir avec le public une simple conversation sur les questions de recherche que je posais, se souvient-elle. Cela a donné lieu à l’une des discussions les plus riches et les plus engagées que j’ai jamais eues à une conférence. »

Un corps professoral grandissant

Les changements en cours à l’Institut Simone de Beauvoir comprennent l’ajout de nouveaux membres du corps professoral. Kimberley Manning décrit ces nouvelles recrues comme « des leaders dans leurs domaines qui ouvriront de nouveaux horizons pour la communauté et pour nos étudiantes et étudiants. »

Natalie Kouri-Towe explique qu’elle a choisi Concordia et l’institut parce que les deux établissements appuient de longue date la recherche et l’engagement à l’échelle de la société et de la communauté. « L’Institut Simone de Beauvoir se distingue d’autres écoles en Amérique du Nord en valorisant le rôle du corps professoral dans la réalisation de changements sociaux », précise-t-elle.

Maïr Verthuy (à gauche) et Kimberley Manning. Maïr Verthuy (à gauche, directrice de l'institut de 1978-1983) et Kimberley Manning, directrice actuelle.

Les travaux de la chercheuse examinent comment nous pouvons mieux répondre à l’inégalité et à la violence grâce à l’engagement social. Elle se réjouit à l’idée de nourrir une interaction enrichissante avec les étudiantes et étudiants.

« J’espère que les étudiantes et étudiants sortiront de mes cours avec un intérêt et une curiosité accrus pour certains des thèmes que nous aurons abordés, plutôt qu’avec une liste interminable de faits sur un sujet particulier, affirme-t-elle. Je veux que les théories et les idées dont nous discuterons nous aident toutes et tous à envisager différemment le monde qui nous entoure. »

Une autre nouvelle venue au sein de l’effectif de l’institut est la professeure adjointe Genevieve Renard Painter, dont les recherches portent sur la manière dont la loi influe sur la lutte pour la justice à l’échelle locale et mondiale. Elle apprécie la réputation de l’établissement comme point de contact avec la communauté. « La longue expérience de l’Institut Simone de Beauvoir en études des femmes et en militantisme féministe est la preuve de ses précieux efforts visant à jeter des ponts entre l’université et les cercles militant, communautaire et politique », estime-t-elle.

Painter est ravie de la motivation et de l’ardeur au travail des étudiantes et étudiants. « Les élèves posent d’excellentes questions et viennent en classe avec l’esprit ouvert. »

Kimberley Manning souligne que les nouvelles recrues sont bilingues ou trilingues et que cela représente un aspect important de la nouvelle vision de l’institut.

« Les langues font le monde, ajoute Genevieve Renard Painter. Le fait d’être bilingue m’a permis d’accéder à de nouveaux horizons dans ma langue seconde et de mieux comprendre ceux de ma langue maternelle. »

Kouri-Towe fait écho à ce sentiment. « Je suis inspirée par le travail de Debbie Lunny, qui enseigne au cégep John-Abbott [à Sainte-Anne-de-Bellevue, au Québec]. Elle a récemment présenté ses recherches à la conférence Unsettling Feminisms, appelant à l’intégration de plus de langues dans les classes et les programmes d’études féministes transnationaux », explique-t-elle.

« Je souhaite qu’en tissant des liens avec des groupes et des organisateurs locaux, nationaux et transnationaux, nous puissions développer des langages communs au-delà de nos différences afin de mieux relever les défis que connaît le monde aujourd’hui. »

Des programmes nouveaux et repensés

The Simone de Beauvoir Institute L'institut Simone de Beauvoir, 2170 rue Bishop.

La nouvelle orientation de l’Institut Simone de Beauvoir se reflète également dans une variété de programmes et de cours nouveaux et repensés, dont la deuxième édition du cours Feminist University Seminar: A Transformative Course in Equity and Inclusion, d’une durée d’un an. Ce cours de six crédits met au défi les étudiantes et étudiants de faire face à l’inégalité à l’université en élaborant un projet de recherche axé sur l’action sociale. Les nombreuses initiatives connexes comprennent une collaboration soutenue avec le Rock Camp for Girls and Gender Nonconforming Youth afin d’augmenter la diversité des genres au programme d’études en électroacoustique et plus généralement dans la scène musicale montréalaise.

Cette initiative reçoit notamment le soutien de C-FAR (Critical Feminist Activism in Research), un projet de recherche de Concordia qui explore les lacunes en matière d’équité et d’inclusion ainsi que les moyens de parvenir à une transformation institutionnelle et sociale.

En outre, une nouvelle majeure en études interdisciplinaires en sexualité a été approuvée et sera lancée dans les mois à venir. S’inspirant de la mineure du même nom établie en 1998, la majeure offrira une occasion d’approfondir le rôle de la sexualité humaine dans la société et le comportement grâce à une approche interdisciplinaire englobant les sciences humaines, les sciences sociales et les beaux-arts.

« Le féminisme vit un moment passionnant »

Le quarantenaire de l’Institut Simone de Beauvoir arrive alors que le féminisme est sous les projecteurs.

« Je pense que le féminisme vit un moment passionnant – il y a tellement d’énergie et de résistance qui se dégagent des mots-clics #SayHerName et #MeToo, de la Marche des femmes dans le monde entier, de la croissance des mouvements trans féministes et de tant d’autres réponses à la violence sexiste qui perdurent au 21e siècle », déclare Natalie Kouri-Towe.

Dans ce contexte de sensibilisation, Kouri-Towe affirme que l’institut est bien placé pour jouer un rôle formateur dans le dialogue avec les mouvements féministes, comme il l’a fait au cours de ses 40 ans d’histoire.

« Il se passe des choses fascinantes à l’Institut Simone de Beauvoir et je suis ravie d’y prendre part », conclut-elle.



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