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« J’établis des liens entre les gens » : Faites connaissance avec la première coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone à Concordia

Geneviève Sioui jette des ponts entre les communautés autochtones et l’Université afin qu’elles réalisent leurs objectifs communs
14 juin 2018
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Par Victoria Cooke, with Geneviève Sioui and Charmaine Lyn

« L’arrivée de Geneviève Sioui donne plus de profondeur à notre équipe », se réjouit Charmaine Lyn, directrice principale du Bureau de l’engagement communautaire. « L’arrivée de Geneviève Sioui donne plus de profondeur à notre équipe », se réjouit Charmaine Lyn, directrice principale du Bureau de l’engagement communautaire.


Forte de ses racines huronnes-wendates et québécoises, Geneviève Sioui maîtrise l’art d’établir des relations entre Autochtones et non-Autochtones. Cette précieuse expertise s’appuie sur son parcours tant professionnel que personnel.

Mme Sioui met maintenant ses compétences à profit dans sa nouvelle fonction de coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone, poste récemment créé à Concordia.

Directrice principale du Bureau de l’engagement communautaire et précédemment conseillère spéciale sur les devenirs autochtones auprès du vice-recteur exécutif aux affaires académiques, Charmaine Lyn insiste sur la mission diplomatique que sous-tend le mandat de Geneviève Sioui.

« Mme Sioui guidera Concordia et ses partenaires dans l’élaboration de projets mutuellement avantageux, qui serviront par ailleurs la réalisation d’un objectif commun, plus vaste : l’établissement de relations entre diverses organisations autochtones et l’Université », explique Mme Lyn.

« Dans le cadre de son travail, Geneviève Sioui veillera à faciliter les relations professionnelles fructueuses, poursuit-elle. En vue de favoriser l’atteinte de ce but, elle assurera la gestion des attentes et le respect des protocoles et pratiques adoptés par la communauté. »

Créé dans la foulée des travaux du groupe directeur sur les devenirs autochtones (formé en 2016), le poste de Mme Sioui vise à satisfaire l’intérêt croissant que suscitent la prospection et la mise en œuvre de partenariats autochtones et de programmes d’études connexes.

Geneviève Sioui est entrée en fonctions à l’Université en janvier 2018.

Comment votre expérience professionnelle vous sert-elle dans votre rôle de coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone?

Mes études universitaires terminées, j’ai travaillé pour le Réseau Dialogue. Je mettais en contact des chercheurs observant les réalités autochtones aux quatre coins du monde. J’y ai acquis une compétence essentielle : la recherche effectuée en coopération avec les membres des communautés intéressées.

Une collaboration avec les centres d’amitié autochtones du Québec ressort de mon expérience là-bas. Le projet visait à mieux définir les réalités et les besoins des populations autochtones en milieu urbain. J’ai alors constaté qu’une recherche pouvait être menée de concert avec des organismes communautaires, et ce, de sorte qu’elle profite tout autant à ceux-ci qu’aux universitaires. C’était vraiment intéressant.

J’ai beaucoup aimé la démarche que privilégiait le chercheur principal dans la mobilisation des connaissances. Plutôt que de considérer le savoir comme un bagage que l’on transmet à autrui, il prônait l’existence de plusieurs types de connaissances et l’expertise de chacun dans son domaine ou sa sphère d’expérience. Pour lui, la mise en commun des savoirs permettait d’édifier une théorie plus solide.

Par ailleurs, j’ai pris conscience que les organismes issus de la communauté connaissent les besoins de celle-ci. Nul doute, cette information m’est utile dans mes fonctions actuelles.

Dans le cadre du poste que j’occupais au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, j’ai participé à un programme d’aide aux devoirs. Les membres autochtones du personnel avaient lancé l’initiative. Après l’école, des élèves se présentaient au centre; alors, des employés interrompaient momentanément leur tâche et les aidaient à faire leurs travaux scolaires. Avec le temps, cette pratique a pris un caractère officiel. Aujourd’hui, le programme accueille quotidiennement 45 jeunes, du lundi au vendredi.

Les élèves fréquentent le centre de leur plein gré, et le programme répond à un besoin. Nous entendons poursuivre dans cette voie. En effet, les organisations communautaires connaissent leurs clients : elles savent ce dont ils ont besoin et quels services leur offrir. Par contre, ces organismes sans but lucratif ont des budgets restreints, et leurs employés sont souvent débordés.

L’Université dispose de plus d’espace et de ressources, notamment financières. Elle peut aussi compter sur son capital humain, soit les membres de l’effectif étudiant, du personnel et du corps professoral. En mettant les outils que possède Concordia au service des organismes communautaires, nous accomplirons de grandes choses.

Comment décririez-vous votre mandat comme coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone?

En quelque sorte, mon rôle consiste à établir des liens entre les personnes et les communautés, d’une part, et les ressources et les initiatives de soutien que promeuvent groupes, étudiants et citoyens autochtones, d’autre part. Idéalement, les projets soumis aborderont des enjeux liés aux injustices faites aux Autochtones. Je pense notamment à l’accès limité de ces derniers à l’éducation et aux soins de santé – comparativement aux possibilités qui s’offrent à la population non autochtone.

Par exemple, si les membres d’une communauté autochtone souhaitent recruter des étudiants pour cultiver bénévolement leur jardin, je m’efforcerai de mettre les uns et les autres en relation. Je m’assurerai bien sûr que les étudiants possèdent les compétences culturelles adéquates afin qu’ils puissent œuvrer de façon sécuritaire au sein de la collectivité en question. Par la suite, le projet initial suscitera peut-être une collaboration plus étroite, susceptible d’influer favorablement sur la santé des gens de la communauté.

Je prodigue aussi des conseils sur l’établissement de rapports durables entre l’Université et les communautés autochtones. Si Concordia décidait de parrainer un programme communautaire, un tel partenariat n’exprimerait-il pas un merveilleux engagement de la part de l’Université en matière d’éducation communautaire et de réconciliation? Selon moi, ce type de collaboration figure au nombre des relations les plus profondes et cruciales que nous pourrions nouer.

Qu’aimeriez-vous que l’on sache sur votre rôle? Pourquoi devrait-on vous contacter?

D’abord, je souhaite que les membres autochtones du personnel, du corps professoral de l’effectif étudiant, des communautés et des organismes se sentent tout à fait à l’aise de communiquer avec moi. Qu’ils le sachent, je suis là pour appuyer leurs initiatives! Une personne se demande à quelle porte frapper pour présenter une idée de projet? Qu’elle entre en contact avec moi : je la dirigerai vers la bonne ressource.

La collaboration avec les collègues et les étudiants non autochtones forme un autre aspect important de mes fonctions. De fait, j’ai aussi pour rôle de les conseiller sur la manière de respecter protocoles et traditions autochtones dans leurs activités.

La plupart du temps, l’intention est bonne. Par contre, je suis tenue de m’informer : le but d’un projet donné s’inscrit-il dans la volonté de la communauté ou du groupe autochtone visé?

Par exemple, si un professeur veut inviter un sage à un lancement, je lui poserai des questions sur la programmation de l’événement et la pertinence ou la signification du cérémonial d’inauguration. S’il y a une table ronde, des Autochtones y participeront-ils? Pourquoi le professeur souhaite-t-il organiser une présentation de ce type? Quelle place les autres volets du programme feront-ils aux voix et aux savoirs autochtones?

Cela dit, j’encourage tout un chacun à effectuer ses propres recherches avant de communiquer avec moi. En effet, l’autodidactisme est un excellent outil pour qui veut s’allier à la communauté autochtone. Cet exercice met vraiment en exergue ce à quoi peut ressembler la réconciliation et le rôle actif que chacun peut y jouer. Je suis très heureuse que des personnes décident de s’y prêter personnellement.

Pourriez-vous nous parler d’un partenariat qui vous a particulièrement enthousiasmée?

Projet d’entrepreneuriat social élaboré en partenariat par la Table régionale d’économie sociale des Premières Nations et Concordia, StartUP Nations a pour objectif de fournir aux jeunes Autochtones les outils qu’il leur faut pour développer sens des affaires et confiance en soi.

De telles initiatives montrent bien l’engagement de l’Université à l’égard des devenirs autochtones. Non seulement le projet est-il géré par la communauté, mais il a été lancé à Concordia, dans le cadre d’une association inédite entre la Table et Anna Kruzynski, professeure agrégée à l’École des affaires publiques et communautaires.

En outre, StartUP Nations favorise la répartition des besoins, des outils et des ressources dans la collectivité. Le projet contribue par ailleurs à la formation de jeunes Autochtones qui, en retour, enrichissent leur communauté grâce aux connaissances et à l’expérience qu’ils ont acquises.

À Concordia, de jeunes Autochtones rencontrent des étudiants et des professeurs qui revendiquent les mêmes origines. Ils constatent alors qu’il leur est possible d’effectuer des études universitaires, que ce rêve est accessible.

Pour vous, à quoi ressemble une journée de travail typique?

Habituellement, je rencontre des personnes qui planifient un événement ou un projet. Elles font partie du personnel de Concordia ou travaillent pour un organisme communautaire. Je me rends également au Centre de ressources pour les étudiantes et étudiants autochtones pour voir ce qui s’y passe.

J’aime bien créer des occasions d’échange, de réflexion et de collaboration à l’intention des membres de la communauté, de l’effectif étudiant, du corps professoral et du personnel, et ce, sur des sujets qui les passionnent. Pour moi, cette mobilisation des savoirs, cette évolution des rapports, constitue chaque fois une expérience étonnante.

Quelle importance revêt votre rôle à vos yeux? Que souhaitez-vous accomplir à titre de coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone?

Le milieu universitaire se prête idéalement à l’expérimentation. Ainsi, les ressources de Concordia permettront d’assurer la mise en œuvre de nouveaux partenariats, projets ou concepts qui, dans l’intérêt commun, porteront sur la marginalisation des peuples, langues et savoirs autochtones.

Cela ne signifie pas pour autant que l’Université résoudra les problèmes collectifs. Du reste, les communautés autochtones savent ce dont elles ont besoin. En revanche, Concordia peut leur être utile en tant qu’espace de développement de solutions par et pour les Autochtones. Je veux explorer cette dimension.

Vous collaborez étroitement avec le groupe directeur sur les devenirs autochtones. Pouvez-vous préciser les liens que vous unissent?

Quand je m’y suis jointe, le groupe directeur sur les devenirs autochtones formait déjà une communauté bien établie, composée d’Autochtones membres du corps professoral, du personnel et de l’effectif étudiant. En fait, je suis encore au stade de la découverte. Tous les membres du groupe reconnaissent la nécessité de fournir aux voix autochtones une plus large tribune à l’Université. Ils s’efforcent de concrétiser cet objectif, et ce, en sus de leurs tâches quotidiennes.

Ce travail peut se révéler pénible à la longue. Il m’incombe donc de soutenir mes collègues à cet égard, notamment en créant des moments d’échanges.

Selon vous, votre rôle exerce-t-il une influence sur la communauté universitaire élargie, voire sur la collectivité montréalaise? Dans l’affirmative, comment cela se traduit-il?

Je veux aider les gens à se sentir en communion avec leur entourage, et ce, tant à l’Université qu’à l’extérieur. Les membres du personnel du Bureau de l’engagement communautaire ont pour mandat de transformer les projets en réalité.

À ce jour, quelle est l’expérience la plus significative que vous ayez vécue comme coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone?

J’aime lier connaissance avec les étudiants. Venant des quatre coins du monde, ils présentent des expériences et des idées vraiment diversifiées. De plus, ils sont dynamiques et très engagés. La passion qu’ils mettent dans leur travail, la manière dont ils s’entraident et les formes variées que prend leur réussite me stimulent beaucoup.

Enfin, c’est génial de collaborer avec un corps professoral et un personnel qui comptent plus d’Autochtones que les effectifs dont j’ai fait partie dans le passé. C’est bon de savoir que nous avons vécu des expériences comparables et que nous tendons vers des objectifs similaires.


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les devenirs autochtones à l’Université Concordia.

 



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